Tarifs américains: mises en garde des grands noms de l’automobile

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Reuters

Après une rencontre, mardi, des ministres canadiens des Finances, où il a été question d’éventuelles mesures pour contrer les tarifs douaniers imposés par les États-Unis, voilà que deux grands fabricants automobiles lancent leur propre avertissement à l’administration américaine. Selon eux, une éventuelle surtaxe de 25% imposée sur les voitures importées entraînerait la perte de centaines de milliers d’emplois, une forte hausse des prix et une baisse des investissements dans la technologie de la conduite autonome.

Une coalition représentant d’importants fabricants automobiles étrangers, y compris Toyota, Volkswagen, BMW et Hyundai ont affirmé que ces nouveaux tarifs nuiraient aux entreprises et aux consommateurs américains. L’administration Trump a entamé, le mois dernier, une enquête visant à déterminer si les véhicules importés menaçaient la sécurité nationale, et le président Trump a plusieurs fois menacé d’imposer rapidement une surtaxe.

« La plus grande menace, en ce moment, envers l’industrie automobile américaine est la possibilité que l’administration impose des tarifs à l’importation en lien avec cette enquête », a ainsi écrit l’Association of Global Automakers, qui représente les fabricants étrangers. « De telles taxes feraient grimper les prix pour les consommateurs américains, limiteraient leurs choix, et nuiraient aux ventes et à la production de véhicules en terres américaines. »

« Plutôt que de créer des emplois, ces tarifs entraîneront la perte de centaines de milliers d’emplois aux États-Unis, qui permettent de fabriquer et de vendre des voitures, des véhicules utilitaires sports, des camions et des pièces automobiles », a ajouté le groupe.

Vendredi dernier, le président a menacé d’imposer une taxe de 20% sur toutes les importations de voitures fabriquées en Europe. Mardi, M. Trump a ajouté que ces tarifs seraient imposés prochainement. « Nous complétons notre étude sur les tarifs imposés aux voitures de l’Union européenne; ils ont longtemps abusé des États-Unis avec des barrières commerciales et des tarifs. À la fin, tout cela sera réglé – et cela ne prendra pas beaucoup de temps! », a-t-il tweeté.

L’Alliance of Automobile Manufacturers, qui représente General Motors, Ford, Daimler, Toyota et d’autres entreprises, a pressé l’administration de ne pas aller de l’avant avec ce plan.

« Nous croyons que les impacts découlant de tarifs nuiront ultimement à la sécurité économique des États-Unis, et affaiblira notre sécurité nationale », a écrit le groupe, décrivant les tarifs comme une « erreur », avant d’ajouter que de les imposer « pourrait établir un dangereux précédent que les autres nations pourraient utiliser pour protéger leurs marchés locaux contre la concurrence étrangère ».

L’Alliance affirme que son analyse des données de 2017 sur les ventes de voitures démontrait que des tarifs de 25% sur les véhicules importés entraîneraient une hausse moyenne de 5800$ des voitures, ce qui augmenteraient les coûts d’environ 45 milliards $ US, chaque année, pour les consommateurs américains.

Baisse des investissements

Les fabricants craignent également que des tarifs nuiraient aux investissements sur les voitures autonomes et les véhicules électriques.

« Nous sommes déjà engagés dans une course mondiale pour prendre le leadership en matière d’électrification et d’automatisation. L’augmentation des coûts associée aux tarifs proposés pourrait diminuer la compétitivité des États-Unis en ce qui concerne le développement de ces technologies avancées », écrit l’Alliance.

Les deux groupes de fabricants automobiles parlent de pertes d’emplois allant de 195 000 à 624 000 postes disparus si d’autres pays répliquent avec leurs propres tarifs.


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