Trump appuie un plan pour cesser l’emprisonnement des enfants migrants, mais refuse d’agir

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The Guardian

Le président américain Donald Trump a confié aux républicains qu’il appuyait « à 1000% » leur effort de réforme de l’immigration, mais n’a pas offert de voie claire pour aller de l’avant, alors que son administration est vivement condamnée par les deux principaux partis du pays en raison de sa pratique consistant à séparer les enfants de leurs parents à l’arrivée à la frontière sud des États-Unis.

Lors d’une rencontre à huis clos avec des républicains de la Chambre des représentants, le président a manifesté son inquiétude pour les familles étant séparées en raison de la « politique de tolérance zéro », ont mentionné des participants, mais le chef de l’État n’a pas endossé la responsabilité de cette pratique. Le président a plutôt pressé les républicains présents dans la pièce d’adopter un projet de loi qui réunirait les familles.

Même s’il affirme que sa fille, Ivanka, lui a demandé de mettre fin à la séparation des nouveaux arrivants, le président n’a montré aucun signe de vouloir faire marche arrière dans ce dossier, et n’a pas reconnu qu’il pouvait mettre fin aux séparations sans projet de loi. Le président a plutôt pressé le Congrès de trouver une solution législative.

Insensible à la colère des législateurs, de leaders religieux, de défenseurs des droits de la personne et de chefs d’entreprise, Donald Trump et de hauts responsables de l’administration ont férocement défendu la politique, qui a entraîné la séparation de plus de 2300 enfants et de leurs parents en cinq semaines.

Cette colère a été personnifiée par une contestataire, qui a interpellé M. Trump alors que celui-ci marchait dans le Capitole avant la rencontre de mardi soir.

« Monsieur le président, allez vous faire foutre! », a-t-elle crié à travers la pièce.

Politiciens furieux

Alors que M. Trump quittait la rencontre avec les républicains, il a affronté un rare mouvement de contestation de la part de membres du Congrès. Un groupe de démocrates lui a crié d’abandonner sa politique migratoire controversée, tout en brandissant des pancartes où l’on pouvait lire: « Les familles doivent être unies. »

« Monsieur le président, vous n’avez pas d’enfants? », a lancé le représentant Juan Vargas au passage du chef d’État. « Aimeriez-vous être séparé de vos enfants? »

Passant devant un groupe de caméras, le président a affirmé que « nous avons eu une bonne rencontre. Il y a des lois qui sont dysfonctionnelles depuis des années, depuis des décennies. Mais nous avons eu une bonne rencontre ».

Les républicains de la Chambre, qui devraient bientôt voter sur deux projets de loi sur l’immigration, espéraient que le président rallie les législateurs incertains autour d’une proposition convainquant les modérés et les conservateurs sur une question qui divise profondément le parti.

M. Trump a plutôt dit qu’il signerait n’importe quel projet de loi qui lui serait envoyé.

La rencontre au Capitole survient à un moment délicat pour les républicains, alors que plusieurs législateurs des deux Chambres s’empressent de vouloir désamorcer une crise politique déclenchée par le resserrement des normes migratoires de l’administration Trump.

Mitch McConnell, le leader de la majorité au Sénat, a affirmé que « tous les membres du caucus républicain appuient un plan qui permet aux familles de rester unies », et a appuyé un projet de loi qui permettrait aux autorités de détenir les parents et les enfants ensemble pendant que leur demande d’immigration est traitée en cour. M. McConnell a dit espérer faire adopter ledit projet de loi d’ici la fin de la semaine.

Un projet de loi de ce genre nécessiterait l’appui des démocrates, qui ont immédiatement rejeté le plan républicain, arguant que le président pouvait mettre fin à la pratique de façon unilatérale.

« Pas besoin de projet de loi », a lancé le leader démocrate, Chuck Schumer, devant des représentants de la presse. « Pas besoin de quoi que ce soit d’autre. Vous pouvez le faire, monsieur le président. Vous l’avez lancé, vous pouvez l’arrêter. C’est aussi simple que ça. »

Tolérance zéro

En vertu de la nouvelle politique de l’administration américaine, tous les adultes sont arrêtés lorsqu’ils franchissent la frontière illégalement. Comme les enfants ne peuvent être enfermés dans une prison pour adultes, ils sont détenus séparément.

À la Chambre, les républicains ont inclus une disposition mettant fin à la séparation des familles dans leur projet de compromis, qui comprendrait également un financement de 25 milliards $ pour le mur frontalier du président, ainsi que pour ses autres mesures de sécurité draconiennes. Le projet de loi offrirait également un processus pour que les jeunes immigrants sans papiers, appelés Dreamers, puissent obtenir leur citoyenneté. Un autre projet de loi, soutenu par les républicains plus conservateurs, ne leur garantirait pas l’accès à la citoyenneté.

Le président n’a pas indiqué s’il appuierait une mesure autonome si les mesures sur l’immigration étaient battues. M. Trump a demandé aux démocrates de s’asseoir à la table de négociations pour mettre fin aux séparations, suscitant des critiques selon lesquelles il utilise la crise frontalière pour obtenir un appui en faveur de ses mesures draconiennes en matière d’immigration.

La Chambre doit voter sur les deux mesures cette semaine: le résultat est impossible à prévoir. Mais certains républicains ont quitté la rencontre avec le président sans savoir si la visite de M. Trump avait permis de faire avancer leur cause.


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