Trump fait sourciller en annonçant la fin de la menace nucléaire de Pyongyang

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Associated Press

Les États-Unis et la planète peuvent « dormir en paix cette nuit », a déclaré mercredi le président américain Donald Trump, vantant que son sommet avec Kim Jong-un avait fait disparaître la menace nucléaire en provenance de la Corée du Nord, bien que la rencontre n’ait aucunement permis d’obtenir des détails sur la méthode ou l’échéancier de l’élimination des armes atomiques, voire de la réduction de leur nombre.

Si M. Trump a soutenu que le plus important événement diplomatique de sa présidence représentait une percée, le secrétaire d’État Mike Pompeo a adopté un ton plus mesuré. Il a affirmé que Washington souhaitait que la Corée du Nord pose des gestes « majeurs » en matière de désarmement nucléaire d’ici les deux prochaines années, soit avant la fin du premier mandat de Donald Trump, en 2021.

M. Pompeo a également affirmé que les États-Unis reprendraient les « jeux guerriers » avec son allié sud-coréen si le Nord cessait de négocier de bonne foi. Le président a annoncé la suspension des exercices après sa rencontre avec M. Kim, mardi, une concession exigée depuis longtemps par Pyongyang.

Le sommet de Singapour a représenté une baisse des tensions – un important changement comparativement à l’automne dernier, alors que le Nord effectuait des tests de missiles et d’armes atomiques, et que MM. Trump et Kim échangeaient des insultes alimentant les craintes d’une guerre. Le dictateur promet maintenant de travailler à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

On ignore toutefois encore les détails de ce processus complexe et difficile.

Malgré les incertitudes, Donald Trump a vanté le résultat de la première rencontre entre les dirigeants américain et nord-coréen en 60 ans d’hostilités. La Guerre de Corée a pris fin en 1953 sans traité de paix, ce qui signifie que les deux camps sont techniquement toujours en conflit.

« Il n’y a plus de menace nucléaire de la part de la Corée du Nord », a plastronné le président américain.

De son côté, M. Pompeo a affirmé que la déclaration conjointe publiée après la rencontre ne comprenait pas tous les progrès réalisés entre les deux pays, et que les négociations reprendraient « possiblement dès la semaine prochaine ».

Frustrations

Le secrétaire d’État n’a pas semblé apprécier les questions des journalistes à propos des phrases vaguement creuses à propos de « l’engagement nord-coréen vers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne » – une promesse effectuée à plusieurs reprises depuis 25 ans, et toujours brisée par la suite.

« Nous avons des équipes prêtes à décoller. Nous sommes prêts à aller de l’avant dès que nous serons dans une position où nous pouvons procéder », a-t-il dit.

Les affirmations présidentielles sur la « fin de la menace nucléaire nord-coréenne » peuvent facilement être remises en doute, en raison du vaste arsenal de la dictature.

Au dire d’experts indépendants, le Nord posséderait suffisamment de matériaux fissiles pour fabriquer de 10 à 60 bombes atomiques. L’an dernier, le pays a testé des missiles intercontinentaux qui pourraient atteindre la côte est américaine, bien qu’il soit impossible de savoir si Pyongyang est en mesure de lancer une arme balistique capable de transporter sans heurts un engin nucléaire et d’atteindre une cible précise.


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