Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban en ciné-concert

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La place des arts recevait vendredi soir une nouvelle visite du petit sorcier à lunettes et de sa bande dans le cadre d’un « ciné-orchestre » d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Devant un écran géant de 12 mètres, l’œuvre du compositeur John Williams prend vie devant nos yeux. La musique est interprétée en direct par un orchestre symphonique et un chœur; la piste audio du film lui-même ne contenant que le dialogue des acteurs.

La musique de cet opus, composée par John Williams, est probablement l’une des plus riches du répertoire de Harry Potter. La flûte traversière y est à l’honneur, de même que les percussions et les grandes nappes de cordes. D’autres belles subtilités s’entremêlent à cette œuvre musicale, notamment la présence de clavecin qui sied si bien aux paysages écossais du film. Nous avions bien hâte de voir comment l’orchestre allait arriver à restituer la texture unique de ces compositions.

Le film d’Alfonso Cuarón avait divisé les amateurs lors de sa sortie en 2004. S’il laisse de côté une certaine portion de l’univers fantastique mis en place dans les deux films précédents (robes de sorcier, balais volants, etc), l’univers du Prisonnier d’Azkaban laisse davantage persister la fantaisie et la contemplation. De longs intermèdes évoquent la beauté de la nature qui entoure le château de Poudlard dans de parfaits moments musicaux à l’accent celtique.

Comme pour l’opus précédent – le même orchestre nous avait rendu visite l’an dernier pour Harry Potter et la chambre des secrets – l’exécution est quasi irréprochable. Tout un défi quand on sait que le tempo et les changements de registres doivent être exécutés en temps réels, là ou parfois une musique très douce doit se changer en grande envolée en une fraction de seconde. La multitude des thèmes musicaux consécutifs est relevée avec brio. En effet, la musique de ce film oscille tantôt vers le jazz lors d’une mémorable ballade de bus magique dans les rues de Londres, tantôt vers la valse lorsque Harry fait malencontreusement gonfler son exécrable tante. D’autres passages musicaux figurent aussi parmi les plus beaux du compositeur, notamment ceux exécutés à la flûte traversière et au clavecin, à la harpe et au carillon dont la mélancolie évoque le thème du temps perdu. L’inquiétante étrangeté de cette grande trame sonore plus expérimentale que les précédentes est prodigieusement restituée par l’orchestre.

Il est difficile d’en croire ses oreilles que toute la musique est interprétée en direct devant nous tant le concert est rodé au quart de tour. Notons toutefois quelques exceptions où une certaine imprécision s’est fait sentir par rapport à la trame sonore enregistrée en studio, notamment l’absence d’un clavecin réel qui rendait ces passages un peu moins précis. La bande sonore originale fait également la part belle à une multitude de variations sur le thème de la chanson Double trouble interprétée par un chœur lors de l’arrivée d’Harry Potter à Poudlard. Vendredir soir, le chœur semble avoir manqué son entrée puisqu’on pouvait observer un décalage entre l’image et les voix. La chef d’orchestre semble avoir d’ailleurs coupé court à ce mini-cafouillage, la présence du chœur dans ce passage ayant été volontairement écourtée pour limiter les dégâts. D’autre part, certains passages complexes des flûtes manquaient de précision par rapport à la partition originale.

Sur une note cinématographique, il était ravissant de retrouver au grand écran Gary Oldman dans le rôle de Sirus Black et le regretté Alan Rickman dans le rôle du professeur Snape, dont le jeu et l’intonation sont toujours aussi géniaux dans ce rôle.

Pour les petits et grands amateurs, cette série de ciné-concert conserve toujours sa pertinence. Non seulement ces concerts permettent de redécouvrir ces films sur grand écran, mais surtout de démocratiser la musique de film, en plus de prendre conscience de tous les défis techniques qui entourent l’enregistrement des trames sonores: synchronicité et multitude de thèmes rapprochés. Bref, il s’agit d’une production d’une grande qualité que l’on espère retrouver année après année pour la suite de la série Harry Potter.


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À propos du journaliste

Xavier Proulx

Architecte, ingénieur et photographe, Xavier Proulx est journaliste pour Pieuvre.ca depuis plusieurs années. Mélomane averti, il se spécialise dans la couverture des événements musicaux de Montréal. Pour lui, ces compte-rendus sont un prétexte pour décrire de façon onirique les impressions du spectateur.