L’Italie en voie vers de nouvelles élections

1

Reuters

Le président italien a convoqué lundi au Quirinal l’économiste Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international (FMI), vraisemblablement pour se voir confier la tâche de diriger un gouvernement de transition.

L’Italie connaît depuis dimanche soir une nouvelle crise politique. Le Mouvement Cinq Étoiles (M5S, anti-système) et la Ligue (extrême droite) ont abandonné leur projet de former un gouvernement après le refus du président Sergio Mattarella d’avaliser leur choix de l’économiste eurosceptique Paolo Savona, 81 ans, comme ministre de l’Économie.

L’idée que l’Italie ne sera pas dirigée par un gouvernement hostile à l’euro a fait monter les marchés lundi matin. Mais ils ont ensuite reperdu du terrain, réalisant qu’il s’agissait-là d’une solution à court terme.

Les parlementaires italiens ont en majorité déclaré qu’ils ne voteraient pas la confiance à tel gouvernement qui risque donc d’expédier les affaires courantes en attendant la tenue de nouvelles élections.

Dans ce cas, le M5S envisage de s’allier avec la Ligue, a-t-on appris lundi auprès du mouvement anti-système. Les deux partis avaient fait campagne chacun de leur côté pour les élections législatives du 4 mars dernier (la Ligue étant alliée à Forza Italia), avant de se rapprocher pour tenter de former un gouvernement.

« Il est trop tôt pour savoir ce qui va se passer, nous voterons bientôt sur la loi de finances et nous comprendrons ce qui va se passer », a déclaré une autre personne du M5S.

Auparavant, le secrétaire fédéral de la Ligue, Matteo Salvini, avait déclaré que son parti était en train de réfléchir pour savoir s’il fallait poursuivre l’alliance avec le M5S en cas de nouvelles élections.

Colère

Carlo Cottarelli, économiste diplômé de l’université de Sienne et de la London School of Economics, dirige depuis l’année dernière l’Observatoire des comptes publics, rattaché à l’Université catholique de Milan.

Dans une allocution télévisée, Sergio Mattarella a expliqué qu’il avait rejeté la candidature de Paolo Savona parce qu’il avait menacé de sortir l’Italie de la zone euro.

« L’incertitude en ce qui concerne notre position a alarmé les investisseurs et les épargnants, tant en Italie qu’à l’étranger », a déclaré le président Mattarella. « L’adhésion à l’euro est un choix fondamental. Si nous voulons en discuter, alors, nous devons le faire de façon sérieuse. »

Sergio Mattarella a été aussitôt accusé par certains dirigeants du M5S et de la Ligue d’avoir trahi la Constitution et de répondre aux ordres des puissances européennes.

Luigi Di Maio, chef de file du M5S, a demandé sa destitution mais Matteo Salvini, a rejeté lundi cet appel.

« Nous devons garder la tête froide (…) Certaines choses ne peuvent pas se faire sous le coup de la colère (…) Je ne veux pas parler de destitution », a déclaré Matteo Salvini dans une interview accordée à Radio Capital.

Il a toutefois exprimé sa colère.

« S’il n’y a pas le feu vert de Berlin, Paris ou Bruxelles, un gouvernement ne peut pas être formé en Italie. C’est de la folie. Je demande au peuple italien de rester à nos côtés, parce que je veux ramener la démocratie dans ce pays », a déclaré le secrétaire fédéral de la Ligue aux journalistes.

Si des élections ont lieu, sans doute en septembre ou en octobre, ce serait une première dans l’Italie de l’après-guerre.

Dans une interview lundi à la radio, Matteo Salvini a dit qu’il rechercherait le soutien parlementaire du M5S pour modifier la législation électorale.

Le système à la proportionnelle en vigueur n’a pas permis de former une majorité claire lors des élections du 4 mars et à en croire les sondages, la situation pourrait rester la même en cas de nouvelles élections.


En complément:

L’Italie plongée dans l’incertitude après les élections et la percée des contestataires du Mouvement 5 Étoiles

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca