À Bruges, les guides touristiques s’arrachent les clients

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Des touristes à la recherche de la visite tranquille d’une ville historique sont depuis longtemps attirés vers les rues pavées de Bruges. Mais les visiteurs récemment arrivés dans la jolie ville belge ont vu leur tranquillité voler en éclats par d’étranges affrontements entre des groupes de guides touristiques se disputant l’argent des étrangers.

Les guides touristiques certifiés de la ville, qui peuvent passer jusqu’à trois ans pour obtenir le droit de porter leur badge officiel, écrit The Guardian, sont furieux contre les hommes et les femmes non formés qui se présentent et offrent des visites gratuites, en n’oubliant pas de tendre la main pour accepter les pourboires.

En réponse, les guides traditionnels, qui travaillent pour le Gidsenbond, ou l’association des guides, auraient mis en place une série de méthodes discutables pour défendre leur territoire.

Les visites menées par les guides « bénévoles » sont infiltrées par des « touristes » qui posent des questions difficiles, dans l’espoir d’humilier leurs rivaux. La rumeur court que les nouveaux venus ont été pourchassés dans la ville, ou que leurs clients ont dû entendre d’interminables litanies d’injures.

Dans un message publié sur Facebook par l’un de ces guides traditionnels – un message effacé depuis -, celui-ci s’interroge: « Qui veut organiser des actions contre les pirates? Suivez-les avec un porte-voix, répéter tout, déclarez qu’il ne peuvent pas marcher sur le gazon dans le Beguinage (des maisons habitées par des religieuses et d’autres femmes non mariées). Un peu de chasse aux pokémon à Bruges, mais dans la vraie vie. Qui veut participer? »

Selon Frank Poelvoorde, porte-parole des guides bénévoles, la situation est devenue hors de contrôle. « C’est de pire en pire. Ils infiltrent nos groupes, et tentent de nous intimider, les touristes et nous. Mais cette semaine, ils sont allés trop loin », a-t-il déclaré.

« Une guide espagnole, une jeune femme, a physiquement été attaquée par un guide officiel… Elle a été poussée à plusieurs reprises, même dans le visage. Les femmes guides n’osent plus aller dans la rue, dans le cas où elles seraient attaquées. Pouvez-vous imaginer cela? À Bruges? »

De son côté, Jo Berten, président du Gidsenbond, a confié au quotidien belge Het Nieuwsblad qu’il ne savait pas qui était impliqué dans le présumé incident. « Mais si cela s’est produit, alors ce n’est pas correct », a-t-il dit.

« Je n’appuie pas le fait d’embêter des collègues. D’un autre côté, je comprends la frustration. Nos guides doivent suivre trois années de cours du soir et passer un examen final. Puis, arrive quelqu’un qui a lu deux pages et qui effectue le même travail? Pourquoi voudriez-vous encore suivre ce cours? »

On estime à 2000 le nombre de guides touristiques travaillant à Bruges, où l’on a récemment mis sur pied un système d’enregistrement.

Le maire de la ville, Renaat Landuyt, a dit « être au courant qu’il existe des tensions entre les guides. Mais je m’appuie toujours sur ce que me rapporte la police: on n’a signalé aucun incident important. À l’exception d’un échange de regards mauvais. »

 


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