L’Iran cible des positions israéliennes près de la frontière syrienne, Israël pilonne la Syrie

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Des forces iraniennes installées en Syrie ont bombardé des avants-postes de l’armée israélienne situés de l’autre côté de la frontière syrienne dans la nuit de mercredi à jeudi, a fait savoir l’État hébreu, déclenchant l’une des plus importantes frappes israéliennes en Syrie depuis le début de la guerre civile, en 2011.

L’attaque sur la section sous contrôle israélien du plateau du Golan représente la première fois où les forces iraniennes ont frappé Israël à partir de la Syrie, où elles ont été déployées en compagnie de milices chiites, soutenues par Téhéran, afin de consolider le pouvoir du président syrien Bashar al-Assad dans le cadre de la guerre civile, rapporte Reuters.

Selon des médias d’État syriens, des dizaines de missiles israéliens ont frappé une station radar, des positions de la défense antiaérienne syrienne et un dépôt de munitions, soulignant les risques d’une escalade encore plus importante qui impliquerait l’Iran et ses alliés régionaux.

Au dire d’un porte-parole de l’armée israélienne, l’attaque iranienne menée à l’aide d’une vingtaine de projectiles, ou autant de roquettes, a été menée par la Forces Quds, une branche de la Garde révolutionnaire iranienne.

Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus a précisé que Tsahal avait intercepté « quelques » roquettes, et que l’on ne faisait état d’aucun blessé, mais seulement de dégâts « limités » aux positions israéliennes.

Les tensions entre Israël et l’Iran ont déjà laissé place à des violences bien réelles en Syrie. Téhéran a promis de riposter à une frappe aérienne israélienne, menée le mois dernier, qui a tué sept de ses soldats sur une base aérienne en Syrie. Israël considère l’Iran comme la plus importante menace envers sa sécurité et a ciblé à plusieurs reprises des forces iraniennes et des milices alliées en Syrie.

Du côté de la presse d’État syrienne, on indique que les missiles de Tsahal ont frappé le quartier de Baath City, dans la ville de Quneitra, près de la frontière. D’autres vagues de missiles ont suivi. Des missiles auraient été abattus au-dessus de Damas, Homs et Sueida.

« La défense aérienne a attaqué des dizaines de missiles israéliens et certains d’entre eux ont atteint leur cible et détruit une station radar », a indiqué l’agence syrienne SANA, citant une source militaire. Un autre missile a frappé un dépôt de munitions, a-t-on ajouté.

Questionnée à savoir si Israël avait attaqué près de Damas, ou y avait visé les communications dans cette région, une porte-parole de l’armée a dit ne pas pouvoir commenter dans l’immédiat.

La télévision d’État syrienne a diffusé des images de la défense antiaérienne en action, en plus de faire jouer des chansons patriotiques. Des résidents de Damas ont évoqué des explosions dans le ciel, à la suite de l’intervention de la défense antiaérienne.

Selon des médias israéliens, les résidents de Metulla, à la frontière libanaise, ont reçu l’ordre de trouver refuge dans des abris. Cette information n’a pas été confirmée de source officielle.

Au dire de la presse libanaise, qui cite le commandement de l’armée, des avions de chasse israéliens auraient tourné au-dessus du territoire libanais, tôt jeudi matin, avant de quitter la région.

Tensions croissantes

Ce plus récent incident fait suite à une hausse des tensions entre Israël et la Syrie, où des forces iraniennes et des membres du Hezbollah libanais ont aidé Damas à combattre une rébellion déclenchée il y a sept ans.

Craignant que l’Iran et le Hezbollah ne tente de créer un front libano-syrien contre son territoire, Israël a frappé leurs forces à quelques reprises.

Les craintes d’une conflagration régionale ont empiré par l’annonce du président américain Donald Trump, mardi, qu’il retirerait les États-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien. Quelques heures plus tard, des roquettes israéliennes ont pris pour cible une base militaire à Kisweh, a fait savoir un commandant de l’alliance pro-Syrie.

L’attaque a tué 15 personnes, y compris huit Iraniens, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme, bien que le commandant n’ait évoqué aucune victime. Israël n’a ni confirmé, ni nié sa participation.


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Pieuvre.ca