Les terroristes européens ont de plus en plus accès à des armes de calibre militaire

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Une « course aux armements » entre les groupes criminels d’Europe risque de faciliter l’accès des terroristes à des armes militaires de fort calibres, souligne un nouveau rapport.

Selon ce qu’écrit The Guardian, cette étude indique que des protections mises en place depuis longtemps pour empêcher de mettre la main sur des armes à feu se sont érodées ces dernières années en raison du développement d’internet, du trafic d’armes d’assaut en Europe, de la conversion d’un grand nombre d’armes servant au départ à tirer à blanc et de la réactivation de nombreuses armes désactivées avant d’être vendues à des collectionneurs.

« La disponibilité croissante des armes à feu a contribué à des courses aux armements entre des groupes criminels à travers l’Union européenne », mentionne le rapport financé par la Commission européenne.

Ces dernières années, des attaques extrémistes en France, en Belgique, au Danemark, en Suède et ailleurs ont impliqué des armes à feu. Au Royaume-Uni, des complots impliquant des fusils et autres pistolets ont été démantelés par la police et les services de sécurité.

Armes automatiques « à l’honneur »

Des militants du groupe armé État islamique ont utilisé des armes automatiques et des bombes pour tuer plus de 130 personnes dans des bars, à l’extérieur d’un stade et dans une salle de concert à Paris, en novembre 2015, dans le cas de l’attaque la plus sanglante du genre.

Parmi les autres utilisations d’armes à feu lors de fusillades mortelles, ces dernières années, on compte l’attaque contre un musée de Bruxelles, en 2014; l’attaque contre les bureaux de Charlie Hebdo et un supermarché juif à Paris, en janvier 2015; une série d’attaque contre des soldats ayant terminé leurs heures de travail et des cibles juives dans le sud-ouest de la France, en 2012, et une attaque dans une synagogue danoise en 2016.

Les assaillants ont fréquemment employé des armes « réactivées » et converties, ou encore des armes volées.

 

 

À Paris, les attentats ont impliqué des armes automatiques provenant de stocks militaires dans les Balkans qui s’étaient retrouvées entre les mains de criminels en Belgique.

« En Europe de l’Ouest, le côté traditionnellement fermé des marchés criminels des armes à feu s’est partiellement érodé au cours des dernières années et nous avons observé la disponibilité grandissante des armes de calibre militaire. Ces armes se sont également retrouvées entre les mains de terroristes », mentionne Nils Duquet, qui a publié le rapport et qui est également principal chercheur au Flemish Peace Institute, un organisme de recherche indépendant qui a coordonné l’étude.

Deux tendances inquiètent spécifiquement les chercheurs: « l’égrenage » de la possession et de l’utilisation des armes à feu en direction des criminels de moindre importance dans plusieurs États membres de l’Union européenne, particulièrement en Europe de l’Ouest, et le recoupement croissant entre les extrémistes islamiques et le monde criminel.

Le phénomène du « ganstérisme djihadiste » est devenu l’une des principales craintes des experts et des services de sécurité.

Plusieurs attaques de haut vol menées ces dernières années en Europe ont ainsi impliqué des extrémistes auparavant condamnés pour des crimes de moindre envergure.

De fait, plusieurs membres importants du réseau qui a mené l’attentat de Paris, en novembre 2015, étaient impliqués dans la vente de drogue et d’armes.

Les démarches de recrutement des réseaux terroristes ont spécifiquement ciblé les anciens criminels, un groupe britannique utilisant même le slogan « parfois les gens avec le pire passé créent le meilleur avenir ».

Le rapport conclut que les terroristes s’appuient généralement sur des connexions déjà existantes au sein du monde criminel pour obtenir des armes à feu au marché noir. Les prisons seraient des endroits tout désignés pour les extrémistes qui « n’ont pas déjà les connexions nécessaires pour acheter ou acquérir des armes ».

Lois et politiques ont été renforcées, ces dernières années, pour mieux combattre le trafic d’armes.

Cependant, le rapport indique qu’un manque d’études signifie que ces initiatives sont souvent basées « sur du cas par cas, sans disposer d’un portrait complet de la situation ».


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