Le coût économique de la post-vérité

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Le dédain pour les faits dans la société américaine n’a pas seulement un impact sur le débat démocratique, il génère aussi des coûts économiques importants.

C’est l’une des conclusions d’un long volume publié en début d’année par la corporation RAND, laboratoire d’idées basé en Californie, et consacré au « déclin de la vérité » (Truth Decay) aux États-unis. Ce concept englobe le désaccord croissant envers les faits, la multiplication des opinions et la perte de confiance envers les institutions auparavant respectées. Histoire et causes du phénomène sont détaillées, ainsi que ses conséquences, dont l’érosion du débat public et la paralysie politique. La corporation RAND, qui publie régulièrement des analyses sur les enjeux économiques et politiques internationaux, souligne que la paralysie engendre incertitude et blocages dans le processus politique — et du coup, un important impact sur les finances publiques.

Pour les auteurs, « les décisions politiques prises principalement sur la base d’opinions ou d’anecdotes, peuvent avoir des effets délétères sur la démocratie américaine et imposer des coûts significatifs aux citoyens ». Par exemple, la fermeture du gouvernement américain en 2013 aurait coûté 20 milliards de dollars US à l’économie. Michael Rich, PDG de l’organisme et coauteur du rapport, explique:« Le Congrès a eu des difficultés chroniques pour adopter des lois, confirmer des nominations ou approuver un budget. Bien qu’il existe un certain nombre de causes potentielles… il semble que ce soit en partie à cause de désaccords sur les données politiques de base. »

Car sans un ensemble partagé de faits et de données, il est impossible de s’entendre sur la nature d’un problème et d’avoir un débat sérieux sur ce dernier.

Le rapport souligne également les conséquences économiques des lois adoptées sans réel compromis. Les auteurs appellent à des solutions facilitant le compromis politique, afin d’éviter les blocages abusifs observés de nos jours au sein des institutions américaines.


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Agence Science-Presse

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