L’armée syrienne complète sa reprise de la Ghouta orientale

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Les forces gouvernementales ont hissé le drapeau syrien au-dessus de la ville de Douma, dont les rebelles se retirent, ce qui assure désormais au régime de Damas un contrôle total de la Ghouta orientale, ont rapporté jeudi matin les agences de presse russes, dont fait état Reuters.

L’offensive des forces loyalistes, précédée par des semaines de violents bombardements, a débuté en février et a permis dans un premier temps de couper la poche de la Ghouta en plusieurs secteurs, isolant les forces rebelles. Puis l’étau s’est resserré autour de Douma, dernière ville à tenir.

Le groupe insurgé Djaïch al Islam, qui contrôlait Douma, a accepté dimanche de s’en retirer, quelques heures après une attaque chimique présumée contre la ville, qui a fait grimper brutalement la tension internationale. La Ghouta orientale, à l’est de Damas, était la dernière zone tenue par les rebelles aux abords de la capitale syrienne.

La police militaire russe s’est déployée dans Douma, jeudi, conformément à l’accord conclu sur le départ des rebelles. Quarante mille personnes, dont des milliers de rebelles et des membres de leurs familles, quittent la ville de Douma à destination des zones contrôlées par l’opposition dans le nord de la Syrie.

« La levée du drapeau de l’État sur un bâtiment de la ville de Douma marque le contrôle sur cette localité et de fait sur l’ensemble de la Ghouta orientale », a dit le général Iouri Evtouchenko, chef du centre de paix et de réconciliation en Syrie, cité par les agences de presse russes.

Les alliés de Damas se consultent

L’évacuation des insurgés de Douma est censée prendre fin dans la journée de jeudi, a déclaré un officier syrien en lisière de la Ghouta orientale.

Sept véhicules portant des drapeaux russes et des marques de la police militaire russe étaient garés près du point de passage, en lisière de la Ghouta, a constaté un journaliste de Reuters. Dans le même temps, deux autocars franchissaient l’endroit en direction d’un point de rassemblement, d’où le convoi devait prendre la direction du nord.

Dans une interview publiée mercredi, Boussaïna Chaaban, proche collaboratrice du président Bashar al-Assad, a estimé que la reconquête de la Ghouta orientale marquait un « tournant », qui pousse l’Occident à mener une guerre psychologique en menaçant de procéder à des frappes aériennes.

« Des consultations sont en cours entre les alliés (de Damas), qui ne laisseront pas les choses se passer comme l’entend Washington », a-t-elle dit à la chaîne de télévision Al Mayadine, en faisant allusion à l’alliance formée par al-Assad, la Russie, l’Iran et le groupe chiite libanais du Hezbollah.

Mercredi, un haut responsable venu d’Iran, le grand allié régional de la Syrie, a effectué une tournée d’inspection dans la Ghouta orientale et a promis que son pays resterait aux côtés de la Syrie face à « toute agression étrangère ».

“La progression militaire des forces syriennes face aux groupes terroristes irrite les ennemis de la Syrie”, a déclaré à la télévision nationale iranienne Ali Akbar Velayati, proche conseiller du guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, lors de sa visite dans la Ghouta en ruines.

Ali Akbar Velayati a également dit souhaiter la libération de la ville d’Idlib et que les Américains soient chassés de l’Est de la Syrie.

« Idlib est une ville syrienne importante et nous espérons qu’elle sera très vite libérée », a-t-il dit.

« L’est de l’Euphrate est également une région très importante. Nous espérons que des mesures seront prises afin de libérer cette zone et d’en expulser les occupants américains », a-t-il ajouté.

L’Occident temporise

Par ailleurs, la France dit avoir la preuve que le régime syrien a eu recours à l’arme chimique à Douma et décidera d’une action militaire, en coordination  avec les Etats-Unis, une fois que toutes les informations auront été vérifiées, a déclaré jeudi Emmanuel Macron.

« Nous avons la preuve que la semaine dernière, il y a maintenant près de dix jours, des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu’elles ont été utilisées par le régime de Bashar al-Assad », a dit le président français lors d’une interview sur TF1 et LCI.

« Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace », a-t-il poursuivi, précisant qu’il était en contact étroit avec Donald Trump.

La décision d’une éventuelle opération militaire interviendra “une fois que nous aurons vérifié toutes les informations” avec l’objectif d’”enlever les moyens d’intervention chimique au régime”.

La France, a souligné le chef de l’État, n’entend pas laisser une « escalade » se faire au Moyen-Orient, « mais on ne peut pas laisser aujourd’hui des régimes qui se croient tout permis, en particulier le pire en contravention du droit international, agir ».


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Pieuvre.ca