Trump envisage de bloquer le budget américain de 1300 milliards

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Le président américain Donald Trump a jeté vendredi le doute sur l’important projet de loi budgétaire adopté la veille au soir, affirmant qu’il « envisageait » d’imposer son veto contre le plan de 1300 milliards en raison d’inquiétudes à propos des jeunes immigrants membres du programme « Dreamers » et du financement de la construction du mur à la frontière avec le Mexique.

Quelques heures avant que les coffres gouvernementaux ne soient à sec, M. Trump a déclaré sur Twitter qu’il envisageait de bloquer le projet de loi « en raison du fait que les plus de 800 000 récipiendaires du programme DACA (pour les jeunes immigrants) avaient été complètement abandonnés par les démocrates, et que le mur frontalier n’avait pas été entièrement financé ».

Ce message sur le réseau social s’inscrit en faux avec des commentaires émis jeudi par des partisans du président, écrit l’Associated Press. Le responsable du budget, Mick Mulvaney, avait déclaré que le locataire de la Maison-Blanche apposerait sa signature sur le projet de loi budgétaire et le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, avait indiqué que le président était en faveur du budget.

Les membres du Congrès ont déjà quitté la capitale en vue d’une suspension des travaux d’une durée de deux semaines. Tôt vendredi matin, le Sénat a donné son feu vert au projet de loi; le financement de l’État fédéral américain doit officiellement se tarir à 23h59, vendredi soir.

L’adoption du projet de loi par le Sénat, un peu après minuit, vendredi matin, a permis d’éviter une troisième suspension des activités fédérales en un an (shutdown), un résultat que les deux partis voulaient éviter. Mais en rédigeant un projet de loi qui dépasse les limites budgétaires, les parlementaires ont suscité la colère de l’opposition conservatrice et jeté les bases de la prochaine lutte budgétaire en prévision des élections de mi-mandat.

La Chambre des représentants a aisément voté pour l’adoption du budget, jeudi, à 256 voix contre 167, un résultat bipartisan qui souligne la popularité du compromis qui permet de financer le gouvernement jusqu’en septembre. Le budget renforce le financement de l’armée et celui de plusieurs programmes sociaux.

Mais les démarches se sont embourbées au Sénat, alors que les conservateurs tentaient de jouer la montre pour marquer leur désaccord. Est ensuite survenu un étrange problème, lorsque le sénateur républicain James Risch a voulu faire disparaître une disposition qui renommait une forêt de son État, l’Idaho, pour rendre hommage à un ancien adversaire politique.

À un certain moment, le sénateur républicain Bob Corker s’est manifesté pour décrire toutes ces tergiversations comme étant « ridicules » et « juvéniles ».

Injection massive

Le projet de loi budgétaire omnibus devait agir comme antidote aux mesures temporaires adoptées à répétition par le Congrès pour éviter que le gouvernement ne manque d’argent, en plein coeur de disputes budgétaires partisanes.

Les leaders républicains ont permis d’atteindre les principaux objectifs du président, soit de renforcer le budget militaire et commencer les travaux pour bâtir le mur à la frontière avec le Mexique, tout en ouvrant la porte à des compromis avec les démocratiques pour l’entretien des routes, l’aide aux jeunes familles, la lutte contre les opioïdes et d’autres programmes sociaux.

Le résultat est inimaginable pour plusieurs républicains, surtout après avoir fait campagne pour restreindre la capacité fédérale de dépenser et adopter des budgets équilibrés. En plus des récents allègements fiscaux votés par les républicains, le projet de loi budgétaire de 2000 pages annonce le retour des déficits de 1000 milliards.


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