Le mouvement démocratique de Hong Kong perd des plumes lors d’une élection complémentaire

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Des candidats de la mouvance pro-démocratie de Hong Kong n’ont regagné que deux sièges sur les quatre précédemment occupés dans le cadre d’élections complémentaires tenues dans la région semi-autonome de la Chine, indiquent les résultats officiels publiés lundi.

Ces résultats signifient que l’opposition n’a pas été en mesure de recapturer tout son territoire, en perdant une partie face aux rivaux soutenus par Pékin au sein de la législature de la cité-État.

Ces quatre sièges font partie d’une série de six comtés laissés vacants lorsqu’un groupe de législateurs ont été expulsés en 2016 à la suite d’une controverse liée à leur prestation de serment, un moment qu’ils ont employé pour défier la Chine.

C’est un militant peu connu, Au Nok-hin, qui l’a emporté dans une circonscription importante, écrit l’Associated Press. L’homme a été recruté à la dernière minute après que des responsables eurent rejeté le candidat-vedette des pro-démocratie, la jeune Angnes Chow, 21 ans, en raison de la plateforme de son parti.

Les disqualifications d’élus et de candidats suscitent des craintes, chez des militants et des groupes internationaux, voulant que le gouvernement de Hong Kong, sous férule chinoise, serre toujours plus la vis aux dissidents.

« Je ne dirai pas que le résultat d’aujourd’hui est une victoire », a dit M. Au après l’annonce des résultats. « Je dirais que c’est une victoire en demi-teinte, parce que nous l’avons payée cher. Le camp de la démocratie a subi une importante pression en raison des troubles politiques, ces dernières années. »

M. Au a parlé du vote comme d’un référendum sur la démocratie à Hong Kong, mais la possibilité d’un gouvernement démocratie est toujours plus incertaine après que le Parlement chinois, sans véritable pouvoir, eut approuvé dimanche l’abolition du nombre limite de mandats présidentiels, permettant au président Xi Jinping de rester indéfiniment en poste.

En vertu du cadre « un pays, deux systèmes », Pékin avait promis de laisser Hong Kong conserver sa large autonomie et ses libertés civiles à la suite du transfert de son contrôle à la Chine, en 1997, mais on craint que les leaders communistes ne soient en train de faire marche arrière.

Environ 43% des 2,1 millions d’électeurs inscrits ont voté pour pourvoir trois sièges au sein du Conseil législatif.

Edward Yiu, qui était le seul législateur disqualifié à tenter de nouveau sa chance, a raté de peu la victoire face à un rival pro-Pékin après un recomptage. Un troisième candidat pro-démocratie, Gary Fan, l’a emporté dans sa circonscription.

Dans le cadre d’une quatrième course, des architectes et des arpenteurs ont élu un candidat pro-Pékin face au citoyen d’origine néerlandaise Paul Zimmerman – les groupes d’entreprises et les corps de métiers représentent environ la moitié des 70 sièges du conseil.

Deux des sièges toujours vacants seront pourvus plus tard en raison de disputes juridiques.


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Pieuvre.ca