Kim Jong-un rencontrera Donald Trump

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Le président américain Donald Trump a accepté une invitation du leader nord coréen Kim Jong-un en vue d’une rencontre lors d’un sommet visant à discuter l’avenir des programmes nucléaire et missilier du régime dictatorial.

Dans le cadre d’un développement stupéfiant, après des mois de tensions et d’échanges d’insultes, de hauts responsables sud-coréens se sont présentés à l’extérieur de la Maison-Blanche pour annoncer la nouvelle, ayant verbalement transmis l’invitation de M. Kim au président Trump. La Maison-Blanche a confirmé que son célèbre locataire était prêt à rencontrer son homologue nord-coréen « d’ici le mois de mai », à un moment et un endroit qui doivent encore être déterminés.

Comme l’écrit The Guardian, si la rencontre a bel et bien lieu, il s’agira de la première du genre entre des leaders des deux pays. Pyongyang cherche depuis longtemps à tenir un sommet avec les États-Unis pour refléter ce que le régime considère comme étant son statut de puissance militaire régionale. Bill Clinton a failli accepter de rencontrer le père de l’actuel dictateur, Kim Jong-il, en 2000, mais les détails d’une telle réunion n’avaient pas encore été officialisés au moment de quitter le Bureau ovale, en janvier 2001.

Selon des responsables de l’administration américaine, il s’agit d’une victoire de la politique de « pression maximale » de la part du président Trump; ces responsables ont également indiqué que les États-Unis n’allégeraient pas leurs sanctions contre le régime avant que Pyongyang ne désarme. Un haut responsable a précisé que le président « n’était pas près à récompenser la Corée du Nord en échange de discussions ».

Vendredi, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a indiqué que M. Trump avait pris la décision d’organiser des discussions après que les États-Unis eurent été surpris par la « volonté d’ouverture » de Kim Jong-un lors de ses conversations au moment de la visite d’une délégation sud-coréenne.

Réactions positives

De son côté, l’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies a salué la décision « courageuse » de Kim Jong-un, dans des déclarations rapportées par le Washington Post. Il a conseillé aux États-Unis de contribuer à la paix en présentant une « position sincère et une attitude sérieuse ».

Moon Jae-in, le président sud-coréen, a salué la possibilité d’une rencontre, parlant d’une « étape historique » sur le chemin de la paix sur la péninsule.

M. Trump lui-même a confirmé l’éventuelle rencontre dans un tweet, précisant que les sanctions demeureraient en place jusqu’à ce qu’un accord sur la dénucléarisation soit conclu.

Selon Chbung Eui-yong, le responsable de la sécurité nationale de la Corée du Sud, qui a présenté l’offre de rencontre, a précisé que l’invitation était accompagnée d’une offre de suspension des tests de lancement de missiles et d’ogives nucléaires, les conditions établies par les États-Unis en vue du lancement de quelque discussions que ce soit.

M. Chung devrait ensuite se rendre à Moscou et Pékin. Les Affaires étrangères chinoises ont annoncé que le gouvernement était satisfait des « signaux positifs », tandis que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a indiqué qu’une rencontre entre Washington et Pyongyang serait « une étape dans la bonne direction ».

« Cela ne devrait pas être uniquement une rencontre, cela devrait ouvrir la voie à la reprise d’un véritable processus diplomatique visant à trouver une solution à la question nucléaire nord-coréenne sur la base des principes établis lors des discussions à six et au sein du Conseil de sécurité des Nations unies », a-t-il confié à la presse.

Au Japon, enfin, où l’on était méfiant envers la détente olympique entre les deux Corées, le premier ministre Shinzo Abe a dit vendredi « grandement apprécier » l’annonce surprise, et mentionné qu’il envisageait de visiter M. Trump « dès le mois d’avril ».


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