Les dernières heures du président Jacob Zuma?

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Le Parti du Congrès national africain (ANC), en Afrique du Sud, a dévoilé mercredi des plans visant à limoger le président Jacob Zuma via un vote de défiance, quelques heures après que la police eut effectué une descente dans la résidence de luxe d’amis du président, les frères Gupta, dans le cadre d’une enquête pour corruption.

Selon Reuters, dans sa première réponse à une très forte pression de la part de l’ANC pour démissionner, M. Zuma – qui a été lié à des scandales durant toute sa vie politique – a proclamé son innocence et a affirmé être « victimisé » par l’ancien mouvement de libération dirigé autrefois par Nelson Mandela.

« Je n’ai rien fait de mal », a lancé le chef de l’État, détendu mais défiant, lors d’une entrevue de presque une heure avec le diffuseur d’État sud-africain. « Je ne pense pas que ce soit juste. Je crois que c’est injuste. »

Carrément questionné à savoir s’il allait quitter son poste, le président a éludé la question et continué de laisser entendre que le comité exécutif national de son parti ne respectait pas les principes fondamentaux en cherchant à l’évincer. Il a ajouté qu’il présenterait une déclaration officielle mercredi.

M. Zuma n’a pas non plus commenté les raids policiers, qui représentent un resserrement draconien des mailles du filet autour de l’homme d’État âgé de 75 ans et de ses proches, tous accusés d’avoir abusé des biens de l’État à des fins personnelles.

Même s’il refuse de démissionner, avec l’ANC appuyant une motion de défiance jeudi, Jacob Zuma semble avoir épuisé ses recours après neuf années de pouvoir marquées par le tumulte politique et la stagnation économique.

Le whip en chef de l’ANC, Jackson Mthembu, a affirmé que le vice-président Cyril Ramaphosa, dont l’élection à la tête de l’ANC, en décembre, a signalé le début de la fin du règne de M. Zuma, pourrait être assermenté comme président dès vendredi.

« Après avoir voté pour le départ du président de la République demain – et en fonction de la disponibilité du juge en chef -, nous élirons également un nouveau président », a déclaré M. Mthembu en conférence de presse au Cap.

Autres arrestations

La vitesse de la chute du président après deux semaines de tergiversations de la part de l’ANC a surpris l’Afrique du Sud.

La descente menée au petit matin, avec des unités d’élite de la police, a mené à trois arrestations, et est survenue dans la foulée d’informations voulant que le président s’apprêtait à annoncer qu’il démissionnait.

Au dire du diffuseur d’État, la SABC, un membre de la famille Gupta faisait partie des gens interpellés. Une source judiciaire bien placée a confié que la police s’attendait à mettre la main au collet de jusqu’à sept personnes, et que des membres de la famille Gupta en feraient partie.

M. Zuma et les Guptas, une famille bien nantie d’hommes d’affaires d’origine indienne, nient toute malversation. Un avocat pour la famille a dit ne pas pouvoir commenter l’opération policière.

Pendant ce temps, le chaos et la confusion régnaient dans les Union Buildings de Pretoria, au siège officiel du gouvernement, en lien avec la possibilité que le président s’adresse à ses concitoyens.

Ainsi, une copie d’un courriel, provenant supposément de la directrice adjointe des communications du président, a circulé sur Twitter; on peut y lire que les plans en vue d’une « séance spéciale d’information pour les médias », par le président, avaient été annulés.

« Veuillez ignorer ma précédente demande, puisque la séance d’information n’aura pas lieu demain », écrit la directrice adjointe. Reuters n’a pas pu confirmer l’authenticité du courriel, et la responsable n’a pas répondu à des demandes de commentaires.


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Pieuvre.ca