Affaire Weinstein: l’ancienne compagnie du producteur poursuivie pour négligence

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Le procureur général de l’État de New York accuse le producteur hollywoodien déchu Harvey Weinstein d’avoir harcelé sexuellement « de façon répétée et persistante » des employées au sein de son entreprise cinématographique, selon une poursuite intentée dimanche par le procureur de l’État, une décision qui pourrait avoir un impact sur l’éventuelle vente de ladite entreprise.

« Tel qu’allégué dans notre plainte, The Weinstein Company a violé la loi new-yorkaise à plusieurs reprises en échouant à protéger ses employées contre du harcèlement sexuel, de l’intimidation et de la discrimination », a mentionné le procureur général Eric Schneiderman, dans des documents déposés en cour contre Weinstein et la compagnie.

Comme l’écrit l’Associated Press, Me Schneiderman a déclenché en octobre une enquête au civil sur la Weinstein Company, sise à New York, après que le New York Times et le New Yorker eurent révélé des allégations d’agression et de harcèlement sexuel remontant à plusieurs décennies.

L’avocat de Weinstein, Ben Brafman, a publié dimanche une déclaration indiquant que plusieurs des allégations contre son client n’avait « aucun mérite ».

« Si le comportement de M. Weinstein n’est pas sans tache, il n’y a certainement pas eu de criminalité, et à la fin de l’enquête, il sera clair qu’Harvey Weinstein a promu davantage de femmes à des positions importantes que tout autre leader d’industrie, et il n’y a eu aucune discrimination, que ce soit chez Miramax ou à la Weinstein Company », a poursuivi l’avocat.

Des dizaines de femmes, y compris des actrices très connues, se sont manifestées pour raconter des rendez-vous à connotation sexuelle forcés. Weinstein a été congédié par son ancienne compagnie, et a été expulsé de l’Académie hollywoodienne du film.

Le bureau du procureur général a expliqué que la poursuite avait été déposée dimanche en partie en raison d’informations faisant état de la vente imminente de la compagnie; on a aussi dit croire que cela laisserait des victimes sans possibilité d’obtenir réparation.

« Toute vente de la Weinstein Company doit assurer que les victimes soient compensées, que les employées seront protégées à l’avenir, et qu’aucun agresseurs ou facilitateur ne puisse injustement s’enrichir », lit-on dans les documents remis en cour.

L’enquête du procureur général a établi que les employées étaient soumises à diverses formes de menaces verbales de la part de Weinstein, y compris des menaces de mort.

« Travailler pour Harvey Weinstein consistait à travailler sous un déluge constant d’insultes genrées, d’appellations vulgaires, d’interactions sexualisées, de menaces de violence, et dans un milieu de travail généralement hostile aux femmes », ajoutent les documents.

Dans l’un des cas, l’enquête a révélé que « dans un accès de rage contre une employée, Weinstein a crié qu’elle devrait quitter la compagnie et enfanter, puisque c’était la seule tâche pour laquelle elle était douée ».

Des femmes en position d’autorité ont été forcées de faciliter les conquêtes sexuelles de Weinstein en offrant des promesses d’emploi aux femmes qui obtenaient ses faveurs, selon la poursuite, qui accuse aussi la compagnie d’être « responsable de la conduite illégale » en s’avérant incapable de stopper les abus.

L’entreprise et le copropriétaire Robert « sont imputables, puisqu’ils étaient au courant des actes illégaux et ont donné leur accord implicite en refusant d’enquêter sur les gestes ou d’y mettre fin », indique la poursuite.

Des représentants du producteur déchu ont par le passé nié toutes les accusations de relations sexuelles non consensuelles.


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Pieuvre.ca