Accusations d’agression sexuelle: Macron aurait demandé à son ministre de « tenir »

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Le président français Emmanuel Macron a demandé à Nicolas Hulot de « tenir » face aux accusations d‘agression sexuelle qu‘il a catégoriquement démenties, a déclaré vendredi le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, au lendemain de la révélation de l’affaire.

L’emblématique ministre de la Transition écologique et solidaire, visiblement ébranlé lorsqu‘il les a évoquées pour la première fois jeudi, a qualifié ces accusations publiées par le magazine Ebdo de « rumeurs ignominieuses ».

Selon le récit de Gérard Collomb, le chef de l’État a apporté à l‘ancien animateur de télévision un soutien appuyé jeudi en conseil des ministres où Nicolas Hulot, « très affecté », n‘a parlé que des dossiers relatifs à son portefeuille.

« Le président de la République a commencé son propos en disant qu‘il comprenait que c’était un moment difficile et qu‘il devait tenir en ces moments-là », a-t-il dit sur BFMTV.

Comme lui, les ministres ont apporté leur soutien à leur collègue vendredi dans les médias, comme il l‘avaient fait il y a deux semaines pour le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, visé par une enquête pour viol.

Un ancien ministre visé

« On ne peut pas substituer une pseudo-justice médiatique à ce qui doit rester la justice », a considéré sur France 2 le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard.

« Plus que jamais, il faut que nous fassions corps autour de nos collègues dont la probité est mise en cause de façon totalement injustifiée », a renchéri sur France Inter le ministre la Défense, Florence Parly.

Sa collègue de la Santé, Agnès Buzyn, a dit sa « confiance dans la parole de Nicolas Hulot parce qu‘il a été clair et qu‘il m‘apparaît sincère ».

Issu de la société civile comme elle, Nicolas Hulot est « extrêmement écouté au sein du gouvernement », a-t-elle fait valoir à propos du militant de l’écologie, qui est le ministre le plus populaire du gouvernement.

« Quand on découvre le monde politique, on sait qu‘on va être la cible d‘attaques et plus on est connu, plus on est écouté (…) plus on est susceptible d’être pris pour cible », a-t-elle dit sur franceinfo.

Dénonçant une entreprise de « déstabilisation », Agnès Buzyn a visé l’ex-ministre socialiste Thierry Mandon, directeur général et directeur de la publication d’Ebdo, lancé au début de l‘année. « Il connaît bien l‘impact de ces affaires sur un ministre et un homme politique, donc il l‘a fait en sachant ce qu‘il faisait, en publiant ce type d‘information », a-t-elle dit.

Interrogé par Reuters, Thierry Mandon a dit ne « rien » avoir à répondre, n‘ayant « aucune responsabilité éditoriale ».

Le co-directeur de la rédaction, Patrick de Saint-Exupéry, a justifié pour sa part le choix de publier ce que l‘hebdomadaire qualifie « d’affaire Hulot » malgré les démentis du ministre, ceux d‘une des victimes supposées et le classement sans suite prononcé par la justice pour un deuxième récit.

« Il y a des questions qui se posent. Il fallait publier. Je n‘ai aucun doute là-dessus », a-t-il dit au micro d‘Europe 1.

Autres témoignages?

Dans l’émission de C8 Quotidien, l‘un des auteurs de l‘article, Anne Jouan, a dit avoir été contactée par d‘autres femmes « concernant toujours Nicolas Hulot, pour nous dire des choses absolument similaires ». Et la journaliste d‘ajouter: « On réfléchira à la suite à donner à ces témoignages pour voir si on les publie dans Ebdo prochainement. »

Sur la deuxième affaire relatée – une plainte pour un viol supposé survenu en 1997, déposée en 2008 par une femme interrogée sous couvert d’anonymat dans Ebdo, et classée sans suite – le procureur de la République de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a confirmé, dans un communiqué publié jeudi soir, que Nicolas Hulot avait été entendu à ce sujet en août 2008.

« Il est d’abord apparu que les deux protagonistes avaient une version contradictoire quant au consentement à la relation sexuelle précitée », écrit-il avant de rappeler que les faits, qui se sont « déroulés entre le 9 et le 11 juin 1997 », étant « prescrits, la procédure a été classée sans suite ».

L’avocate de Nicolas Hulot a précisé quant à elle sur BFM TV que, pour la justice, les faits n’étaient pas établis.

« Le procureur à l’époque avait noté dans la lettre qu‘il avait adressée à Nicolas Hulot pour lui faire part de l‘avis de classement sans suite que, « en tout état de cause, les faits n‘apparaissaient pas établis » », a dit Jacqueline Laffont.


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