Les pseudosciences d’Oprah

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Si elle devait se présenter à la présidence des États-Unis, Oprah Winfrey traînerait un boulet avec elle, celui d’avoir été l’inspiratrice de certains des plus influents charlatans et défenseurs de pseudosciences du continent nord-américain.

À commencer par Jenny McCarthy, aujourd’hui une des chefs de file du mouvement antivaccination: ce sont deux invitations à la très populaire émission The Oprah Winfrey Show, en 2007, qui lui ont donné non seulement une énorme visibilité, mais surtout une « crédibilité » pour défendre son idée d’un lien entre vaccination et autisme. Comme l’écrivait à l’époque l’auteur du blogue Respectful Insolence, pourfendeur des pseudosciences, c’était déjà désolant qu’une invitée vende une pareille idée sur la seule base de « ses recherches Google », mais une animatrice expérimentée comme Oprah n’était pas obligée, en plus, de lui accorder son appui.

Elle a été tout aussi sympathique, au fil des années, avec les « Dr Oz » et « Dr Phil » — présentés à leurs débuts comme des « experts médicaux » qu’ils n’étaient pas. Tous deux sont par la suite devenus des vedettes de la télé et ont été dénoncés à intervalles réguliers pour leur promotion de pratiques douteuses en santé mentale ou en alimentation — pratiques qui, dans le cas du Dr Phil, sont parfois vendues à fort prix par lui-même.

Ajoutant d’autres dérives moins connues à la liste — de l’actrice Suzanne Somers à la gynécologue Christine Norhtrup — le blogueur David Gorski concluait cette semaine, au lendemain du discours d’Oprah Winfrey aux Golden Globe que, « au final, Oprah a eu une influence maligne sur la science de la médecine, qu’on peut appeler « l’effet Oprah »: n’importe quoi qui était présenté à l’émission d’Oprah allait soudain se vendre beaucoup ». La journaliste canadienne Julia Belluz renchérit en la décrivant comme « l’un des plus puissants catalyseurs d’excentriques sur la planète ». Et sans remords apparents: l’entrevue de 2007 avec Jenny McCarthy était toujours, cette semaine, accessible sur le site Oprah, sans explications ni nuances.


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Agence Science-Presse