Trump va se retirer de l’ALENA, croient de plus en plus de responsables canadiens

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Le Canada est de plus en plus convaincu que le président américain Donald Trump annoncera bientôt que les États-Unis envisagent de se retirer de l’ALENA, ont indiqué deux mercredi deux sources gouvernementales, faisant baisser le cours des devises canadienne et mexicaine, en plus de nuire aux différents indices boursiers.

Ces déclarations font planer des doutes supplémentaires quant aux possibles résultats des discussions en cours pour moderniser l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), que M. Trump a régulièrement menacé d’abandonner à moins que des changements majeurs y soient apportés.

Des responsables doivent tenir une sixième et dernière ronde de négociations à Montréal, du 23 au 28 janvier, alors que le temps commence à manquer pour parvenir à des positions communes sur divers enjeux.

Selon Reuters, impossible de savoir si les États-Unis quitteraient effectivement l’ALENA, et ce même si le président Trump donnait un préavis de six mois en ce sens, puisqu’il n’est pas obligé de donner suite à une telle annonce une fois le délai imparti écoulé. Un avis de retrait pourrait également susciter une opposition au Congrès américain.

L’une des sources gouvernementales canadiennes a par ailleurs déclaré qu’il n’était pas certain que M. Trump agirait contre l’accord commercial, et qu’Ottawa était préparée à plusieurs scénarios.

Mais même la possibilité d’impacts négatifs aux économies intégrées des trois nations ont entraîné de la volatilité sur les marchés.

À Wall Street, les principaux indices boursiers ont terminé la journée de mercredi en recul, particulièrement en raison de ces inquiétudes.

Le dollar canadien a atteint son taux plancher pour 2018 contre le dollar américain, mercredi, alors que les craintes liées à l’ALENA réduisaient l’impact des prévisions voulant que la Banque du Canada hausse son taux directeur la semaine prochaine.

« Grandes incertitudes »

Mike Archibald, gestionnaire de portfolio adjoint chez AGF Investments, à Toronto, évoque « d’importantes incertitudes à l’horizon ».

Le peso mexicain a lui aussi perdu des plumes face au dollar américain.

Pour le président de la Banque royale du Canada, Dave McKay, les propabilités que l’ALENA soit condamné sont maintenant plus importantes.

« Le gouvernement est de plus en plus certain de cet état de fait… On se prépare maintenant à l’annonce d’un retrait par le président Trump », a déclaré l’une des sources, qui a réclamé l’anonymat.

De son côté une source américaine proche de la Maison-Blanche a cité le président Trump en disant « je veux un retrait », alors que les discussions s’éternisent sans signe de progression.

À la Maison-Blanche, un porte-parole a indiqué qu’il « n’y a pas eu de changement de la position du président sur l’ALENA ».

Inquiétudes

Voilà longtemps que le président Trump affirme que l’accord signé en 1994 était mauvais pour les travailleurs américains. Son équipe de négociateurs a présenté des proposition qui ont inquiété leurs homologues canadiens et mexicains.

Parmi les plans les plus controversés, on note la mise sur pied de règles sur les pays d’origine de biens vendus au sein de l’ALENA, règles qui établiraient des taux plancher de contenu américain pour les voitures, une clause essentielle qui entraînerait la fin de l’accord si elle n’était pas renouvelée à tous les cinq ans, ainsi que la fin du mécanisme de contestation appelé Chapitre 19.

Le président de la Chambre américaine de commerce a affirmé que des gains économiques réalisés via des baisses d’impôts et l’annulation de plusieurs règles commerciales seraient mis en danger si les États-Unis quittaient des accords commerciaux, y compris l’ALENA.

Chez le fabricant automobile General Motors, le cours des actions a chuté de 2,4%. L’entreprise de Detroit possède 14 usines de production au Mexique, y compris l’une qui construit des camionnettes de grande taille, soit certains des véhicules les plus rentables pour la compagnie. Les camions qui y sont construits pourraient faire l’objet de tarifs allant jusqu’à 25% supplémentaires si Washington quittait l’ALENA.

« Nous avons toujours dit que c’était une possibilité », a confié à Reuters une source du gouvernement mexicain au fait des négociations, en parlant d’un retrait américain.

Le ministre mexicain de l’Économie n’a pas voulu commenter les informations.


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Pieuvre.ca