Une agence fédérale américaine rejette le plan pro-charbon de Trump

1

Une agence énergétique indépendante a rejeté lundi le plan de l’administration du président américain Donald Trump pour fournir des subventions aux centrales au charbon et aux réacteurs nucléaires, portant un dur coup à la mission fortement publicisée du chef de l’État pour relancer l’industrie vacillante du charbon.

Selon ce qu’écrit The Guardian, la décision de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC), sous contrôle républicain, était inattendue et survient alors que M. Trump a promis à plusieurs reprises de renforcer le charbon comme principale source d’énergie des États-Unis. Cette industrie est menacée par de nombreuses faillites et une perte croissante de parts de marché, alors que les industries du gaz naturel et des énergies renouvelables se sont largement développées.

L’an dernier, le secrétaire à l’Énergie Rick Perry a proposé un nouvel appui gouvernemental pour les centrales au charbon et nucléaires pour ralentir la vitesse à laquelle ces installations sont fermées, affirmant que la capacité de production était nécessaire pour éviter les pannes « lors de moments de forte demande, comme lors des récentes catastrophes naturelles ».

Ce plan offrirait une aide à plusieurs centrales qui, autrement, fermeraient leurs portes, principalement en raison de l’abondance du gaz naturel bon marché et la chute des prix de l’énergie renouvelable.

Le département de l’Énergie a noté que 531 centrales au charbon avaient été fermées entre 2002 et 2016, alors que huit réacteurs nucléaires ont annoncé, l’an dernier, des plans en vue de la fin de leurs activités.

Donald Trump a promis de faire cesser ce déclin et mettre fin à la « guerre » contre les communautés minières en annulant plusieurs normes environnementales mises en place sous l’administration Obama.

Mais une analyse non-partisane publiée le mois dernier a indiqué que le plan pourrait coûter jusqu’à 10,6 milliards par année aux contribuables américains. Et que l’argent serait employé pour renforcer certaines des centrales les plus âgées et les plus polluantes du pays, selon le rapport conjoint des groupes de recherche Climate Policy Initiative et Energy Innovation.

En rejetant la proposition lundi après-midi, la FERC a déclaré que malgré les affirmations contraires de l’administration fédérale, il n’y avait aucune preuve que les plans de fermeture des centrales au charbon représentaient une menace à la fiabilité du réseau électrique national.

Les plans de l’administration ont suscité une opposition de la part d’une étonnante coalition d’entreprises et de groupes environnementaux, eux qui sont habituellement en désaccord. Selon des détracteurs, le plan nuirait aux marchés de l’énergie et entraîneraient une hausse des prix pour les consommateurs, particulièrement dans le nord-est et le midwest américains. L’un de ces critiques a même parlé d’un plan « absurde » et pervers.

Le secrétaire Perry a remercié le groupe, lundi, pour avoir évalué la proposition, proposition qui, selon lui, a déclenché un débat national sur l’endurance du réseau électrique du pays. Le gouvernement n’a pas publié ses propres estimations des coûts liés à la proposition.

« Ce qui n’est pas soumis à débat, c’est qu’un approvisionnement énergétique diversifié, particulièrement avec des capacités de production s’appuyant sur du combustible, joue un rôle essentiel pour offrir de l’électricité fiable, durable et abordable aux Américains, particulièrement lors de périodes de stress climatiques comme nous en voyons en ce moment », a dit M. Perry.

Ce dernier faisait référence à son plan visant à compenser les opérateurs de centrales qui conservent des réserves en carburant pour 90 jours afin de se protéger contre les catastrophes climatiques et d’autres problèmes, une particularité des centrales au charbon et nucléaires, mais qui est moins répandue chez les producteurs d’énergie renouvelable.

Interférence

Les producteurs d’énergie s’appuyant sur des sources autres que le charbon et le nucléaire ont mis en garde contre une interférence au sein du libre marché, et les manufacturiers ayant de grands besoins énergétiques ont affirmé que des prix plus élevés pourraient être transférés aux consommateurs.

 

 

 

Le géant technologique Apple s’est invité dans la débat, lundi, en se prononçant contre la proposition, et affirmant que cela limiterait l’innovation et la concurrence, en plus de nuire aux plans visant à accroître l’utilisation de « l’énergie propre », comme celle provenant d’éoliennes et de panneaux solaires.

Dans sa décision, le groupe formé de cinq membres s’est essentiellement montré d’accord avec les détracteurs disant qu’il n’existait aucune preuve d’une menace envers la fiabilité quotidienne du réseau électrique qui justifierait les démarches souhaitées par Rick Perry.

L’an dernier, un rapport du département de l’Énergie indiquait que la fiabilité du réseau était « adéquate », et invoquait plusieurs ajouts audit réseau en provenance des systèmes de production fonctionnant au gaz, à l’éolien et au solaire.

Dans le cadre de sa décision, la FERC a annoncé qu’elle lançait une nouvelle évaluation de la fiabilité du réseau électrique américain.

 


En complément:

Une campagne des frères Koch aux frontières du Québec

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca