Le chômage caucasien causé par le mythe mexicain

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Accusant les Mexicains d’être des criminels et promettant d’ériger un mur à la frontière pour contrer leur migration, le président Donald Trump a remodelé les préjugés de l’Amérique blanche pour créer le mythe du «mal» en provenance du sud, rapporte El Pais le 3 décembre. 

Aux États-Unis, le nombre actuel de sans-papiers, soit 11,3 millions, est inférieur aux périodes antérieures. Depuis cinq ans, plus de Mexicains retournent vivre dans leur pays qu’ils ne le quittent pour s’établir aux États-Unis. Selon le Pew Research Center, l’Asie a déjà remplacé l’Amérique latine comme principal foyer de migration. Bien que ce soient les faits, Donald Trump n’en fait qu’à sa tête.

Avec la création d’un ennemi extérieur, le président a opté pour la peur. «Sa base électorale est massivement blanche, pour la plupart ce sont des travailleurs qui ont vu leur situation se détériorer. Le président leur a donné des cibles à blâmer: généralement mexicaines et immigrantes», explique le politologue de l’Université de Virginie, Larry Sabato. Donald Trump a tourné en sa faveur la transformation survenue dans le pays, 59 millions de migrants ont rejoint le territoire américain en un demi-siècle.

Pour la première fois dans l’histoire, les Caucasiens non hispaniques ont cessé d’être le groupe le plus populeux aux États-Unis, en moins de 10 ans. Le phénomène semble imparable puisque les États de Californie, du Texas, du Nevada, d’Hawaii et du Nouveau-Mexique sont déjà à majorité multiethnique. Le pays devrait l’être avant la moitié du 21e siècle. Cette diversité est plus présente dans les villes que dans les zones rurales. L’appui de la population blanche rurale s’est transformé en arme électorale morbide pour Donald Trump.

Ainsi, le président des États-Unis exploite la vulnérabilité des chômeurs, l’isolement des Caucasiens face à l’autre, de même que la précarité des migrants.

Automobile

À l’instar du sort de la ville de Détroit modelée par l’industrie de l’automobile qui a déserté le lieu pour réduire ses coûts de production, la détérioration de la situation des travailleurs caucasiens est la conséquence de l’avarice de grandes entreprises américaines qui ne considèrent pas le Mexique, la deuxième plus grande économie d’Amérique latine, comme une nation hostile.

Le monopole d’État des raffineries mexicaines, Pemex n’arrive pas à suffire à la demande du marché intérieur en essence. Alors pour la première fois dans son histoire, le Mexique va importer de l’essence de l’étranger, rapporte El Pais le 7 décembre. La première entreprise à bénéficier de cette ouverture est la plus grande pétrolière des États-Unis, ExxonMobil de l’État du Texas, qui vient d’inaugurer sa première station de service à Querétaro au centre du Mexique. Le carburant sera acheminé par train aux terminaux de San Luis Potosí et de San José Iturbide.

La réforme énergétique de 2013 a rendu possible, en première instance, que les stations d’essence ne soient pas toutes opérées par Pemex ouvrant le secteur à de nouveaux compétiteurs dont l’Américaine Chevron, la Britannique BP et l’Anglo-Hollandaise Shell. De plus, la division de stations d’essence de joueurs importants dans le commerce des dépanneurs au Mexique, Oxxo et 7Eleven, prennent part à cette ouverture qui se concentre surtout dans le nord du pays.

La capitale Mexico a été choisie par l’entreprise privée de transport chinoise de type Uber, Didi Chuxing qui va faire son entrée en Amérique latine en 2018, en concurrence avec l’Américaine Uber et l’Espagnole Cabify.


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.