Pas d’accord sur les négociations du Brexit entre Londres et Bruxelles

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Le Royaume-Uni et l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre pour progresser vers la prochaine étape des négociations sur le Brexit, a annoncé la première ministre britannique Theresa May.

Selon la BBC, Mme May a indiqué que les échanges reprendraient « avant la fin de la semaine », et qu’elle avait confiance « que nous conclurons le tout de façon positive ».

Les rumeurs veulent que les négociations se sont enlisées après que le Parti unioniste démocratique (DUP) eut refusé d’accepter des concessions sur la question de la frontière irlandaise.

À Downing Street, on soutient qu’il ne s’agissait pas du principal problème.

De son côté, le premier ministre irlandais a indiqué qu’une entente avait été conclue, mais que le Royaume-Uni semblait avoir changé d’idée sur la question de la frontière irlandaise après avoir subi de la pression de la part du DUP.

« Je suis surpris et déçu que le gouvernement britannique ne semble désormais pas être en position d’accepter ce qui avait été conclu plus tôt dans la journée », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Dublin.

« Est-ce un désastre total? Non », avance la correspondante de la BBC Laura Kuenssberg. « Cela veut-il dit que le processus est condamné à échouer? Non. Est-ce une grande déception? Oui, tout à fait. »

Le DUP, un parti d’Irlande du Nord, a envoyé 10 députés au Parlement de Westminster, et leur appui est vital à la survie de la coalition gouvernementale.

Les conservateurs de Theresa May ont effectivement perdu leur majorité parlementaire depuis les élections générales de juin, et s’appuient sur un accord avec le DUP pour s’assurer de remporter les votes essentiels.


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Déraillement des négociations

Mme May aurait quitté la table des négociations où elle siégeait en compagnie du président de la Commission européenne Jean-Claude Junker pour s’entretenir avec la leader du DUP Arlene Foster.

Le Royaume-Uni serait supposément prêt à accepter que l’Irlande du Nord demeure au sein de l’union douanière européenne et dans le marché commun européen, sans nommer expressément la chose.

Mais Mme Foster a ensuite déclaré que son parti « n’accepterait pas aucune forme de divergence réglementaire » qui séparerait l’Irlande du Nord du reste du Royaume-Uni.

« Lors de la conversation téléphonique, il a clairement été indiqué à la première ministre que le DUP avaient plusieurs inquiétudes majeures concernant l’accord en cours de négociation, à propos de possibles concessions offertes au gouvernement de Dublin », poursuit la journaliste Laura Kuenssberg.

« La cheffe du DUP a fait savoir qu’elle ne pourrait appuyé un tel accord, mais il a également été suggéré qu’il y avait environ 20 députés conservateurs qui étaient particulièrement réticents à propos des compromis qui auraient été sur la table. »

« Nous négocions ardemment »

Lors d’une conférence de presse conjointe à Bruxelles en compagnie de M. Juncker, Mme May a affirmé que « nous négocions durement. Et beaucoup de progrès ont été accomplis. Nous nous entendons sur plusieurs sujets ».

« Il est clair que nous voulons aller de l’avant », a-t-elle ajouté, avant de préciser que plusieurs questions devront encore faire l’objet de négociations et consultations supplémentaires.

Son de cloche similaire du côté de M. Juncker.

« Ce n’est pas un échec, c’est le début de la dernière ronde. J’ai confiance que nous pourrons parvenir à un accord cette semaine. »


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Les politiciens britanniques réagissent

L’apparence de pression exercée par le DUP a fourni des munitions à l’opposition britannique.

Au dire du chef travailliste Jeremy Corbyn, « la véritable raison de l’échec d’aujourd’hui est l’accord douteux conclu par le gouvernement avec le DUP après les élections ».

« Le Parti travailliste a clairement indiqué, dès le départ, que nous avions besoin d’un accord sur le Brexit créateur d’emplois qui fonctionne pour l’ensemble du Royaume-Uni. »

Selon la députée Anna Soubry, partisane du Remain – au contraire du Brexit -, aucun député conservateur ne veut que l’Irlande du Nord soit traitée différemment du reste du Royaume-Uni, ce qui, avance-t-elle, serait « un cadeau » pour le Parti national écossais.

La « solution la plus simple » serait que l’ensemble du Royaume-Uni demeure au sein du marché commun et de l’union douanière, a-t-elle ajouté.

Aux yeux de Tom Brake, porte-parole des libéraux-démocrates pour le Brexit, « à chaque jour qui passe, il devient un peu plus clair que le meilleur accord pour tous consister à demeurer au sein de l’Europe. Les gens du Royaume-Uni doivent pouvoir voter sur l’accord et sur l’opportunité d’en finir avec le Brexit ».

En Écosse, enfin, la première ministre Nicola Sturgeon a affirmé que si l’Irlande du Nord obtenait le droit de fonctionner en vertu de règles différentes, il n’y aurait alors « aucune bonne raison » empêchant d’autres régions d’agir de la même façon – un message répété par le premier ministre gallois Carwyn Jones et le maire de Londres, Sadiq Khan.

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Pieuvre.ca