De la nudité provoque une dispute entre des danseurs et la ministre israélienne de la Culture

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Un conflit entre la draconienne ministre israélienne de la Culture et des artistes employant de la nudité dans leur spectacle a été ramené sous les feux de l’actualité avec l’ouverture de l’un des plus importants festivals de danse contemporaine du pays.

Pour la troisième fois en un an, écrit The Guardian, un important festival artistique israélien – cette fois la Jerusalem International Dance Week – a reçu une communication de la part de responsables travaillant pour la ministre israélienne de la Culture, Miri Regev, à l’effet qu’il ne pouvait pas utiliser de fonds gouvernementaux pour subventionner trois de ses 28 spectacles parce que ceux-ci mettaient en scène de la nudité partielle ou totale.

Le programme de l’événement, qui attire des organisateurs de festivals de danse de partout dans le monde, comportera ainsi un astérisque indiquant que les spectacles comportent de la nudité partielle et que ceux-ci ne sont pas « soutenus » par le ministère ou par les autorités municipales.

La décision survient alors qu’il existe pourtant un avis juridique du procureur général adjoint d’Israël à l’effet qu’une telle interdiction est illégale.

Il s’agit du plus récent affrontement des guerres culturelles faisant rage en Israël, guerres où Mme Regev et d’autres ministres de droite, qui considèrent les arts comme étant « de gauche et élitistes », visent à s’en prendre à toutes les disciplines, du théâtre au cinéma, en passant par la littérature et le cursus scolaire, en plus de se prononcer sur l’identité des possibles gagnants des prestigieux Israel Prizes.

Cette plus récente intervention fait suite à une décision similaire visant deux spectacles comprenant de la nudité donnés lors du Israel Festival, l’été dernier, et lors du récent festival de danse Curtains Up.

Parmi les artistes dont l’oeuvre s’est retrouvée engluée dans cet affrontement, on compte Adi Shildan et Nir Vidan, les co-créateurs et les interprètes de The Restlessness of Winged Creatures.

Les artistes, qui sont homosexuelless, ont confié au Guardian que le but de leur travail était de remettre en question les stéréotypes en demandant au public d’observer leur corps alors que le spectacle déconstruit les idées liées au genre.

Pour Mme Shildan, les récentes démarches visant à couper les vivres aux spectacles comprenant de la nudité font partie d’une démarche plus vaste, de la part des conservateurs israéliens, pour réduire l’espace public consacré aux discours.

« La nudité n’est certainement pas inhabituelle dans la danse contemporaine », dit-elle. « Mais en Israël, nous sommes en retard sur l’Europe. Nous ne portons pas de chandail ni l’un ni l’autre, mais c’est le corps de la femme qui « offense ».

Plus inquiétant encore, poursuit Mme Shildan, est le message envoyé aux artistes. « En étant très terre-à-terre, je dépends en partie des subventions qui proviennent du gouvernement. Cela crée une relation entre l’establishment et les créateurs, et cela est dangereux lorsque le gouvernement s’ingère dans le contenu. »

« Ce n’est pas une question de l’art qui est supposé être créé, et l’atmosphère créée par le ministère de la Culture… Vous pouvez le sentir, tout cela est très fragile. Et cela transparaît dans les choix artistiques des gens et dans les festivals. »


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Pieuvre.ca