The Punisher, la justice à l’américaine

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Frank Castle est en mission. Après avoir effectué une partie de sa vengeance contre ceux qui ont assassiné sa famille dans la deuxième saison de Daredevil, voilà que le Punisher a droit à sa propre série, dont la première saison est disponible sur Netflix depuis la semaine dernière.

Jon Bernthal reprend ici son rôle d’ancien soldat devenu vengeur armé jusqu’aux dents. Suite à l’élimination de plusieurs membres de la pègre, Castle tente de se refaire une vie, mais la colère liée à l’assassinat de sa famille supplante toute velléité d’interactions sociales normales.

Rattrapé par son passé, plus particulièrement par une vidéo d’une exécution extrajudiciaire effectuée en Afghanistan pour couvrir un trafic de drogue réalisé par des responsables de l’armée et des services de renseignement, Castle doit faire équipe avec Micro (Ebon Moss-Bachrach), un ancien technicien du renseignement qui est entré en possession de ladite vidéo, et qui a feint sa mort pour protéger sa famille.

De l’autre côté, il y a Dinah Madani (Amber Rose Revah), une agente de la Sécurité nationale qui souhaite faire la lumière sur l’assassinat de son partenaire, le même policier afghan qui a été assassiné par Castle et ses collègues. À eux deux, ils remonteront lentement le fil d’une puissante conspiration, et en viendront à s’affronter à quelques reprises.

Si Madani tient mordicus à faire respecter la loi et l’ordre, quitte à déboulonner des statues et faire tomber des responsables corrompus dans la foulée, Castle, lui, ne connaît qu’une seule justice: celle des armes. Les pourris doivent mourir, un point c’est tout.

En ce sens, The Punisher est une télésérie essentiellement américaine. Les vétérans y sont traités comme des moins que rien, à peine bon à reprendre du service comme mercenaires; les policiers et les élites sont corrompus et inefficaces, et seul le métal agit ici comme grand égalisateur. Le plomb que l’ont tire entre les deux yeux de son ennemi, ou encore l’acier de la lame de couteau que l’on plonge à répétition dans le coeur des adversaires.

Férocement anti-establishement, violemment égoïste, The Punisher correspond probablement à la vision républicaine de la société. Ironiquement, la télésérie présente d’ailleurs tous les autres personnages ayant la même philosophie que Castle comme de dangereux lunatiques capables du pire. On a déjà connu Netflix plus subtil.

De même, Frank Castle ne s’arrêtera jamais pour s’interroger sur le bien-fondé de ses gestes. On espérait peut-être une réflexion sur la moralité, on a plutôt droit à un chien enragé qui se repaît constamment du sang de ses victimes. Cela divertit un temps, mais cela ennuie rapidement.

The Punisher deviendra probablement essentiel lorsqu’il sera question de rassembler tout le petit univers des non-Avengers de Marvel en une autre série commune, histoire de relier quelques points scénaristiques. Mais à l’exception des mordus qui ont 13 heures à consacrer à ce fouillis bancal, il est fortement recommandé de passer son chemin.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l’enfance. S’il s’intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n’hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l’économie ou encore les loisirs et le tourisme.
Hugo est également membre de l’équipe éditoriale de Pieuvre.ca.