Montréal symphonique… mieux aurait valu y être

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Le 19 août dernier, un spectacle symphonique de grande ampleur réunissait plus de 400 musiciens et des vedettes, en voulez-vous, en voilà. L’Orchestre symphonique de McGill, l’Orchestre métropolitain et l’Orchestre symphonique de Montréal, ont interprété les arrangements de Simon Leclerc, sous sa direction, et ont accompagné une multitude de grands noms tels que Daniel Bélanger, Alain Lefèvre, Rufus Wainwright, Diane Dufresne, Elisapie, Cœur de pirate, Patrick Watson et Marie-Josée Lord.

En extérieur, par beau temps et avec des projections bien choisies, le public a dû apprécier à sa juste valeur cette grandiose prestation. Malheureusement, il n’en est pas de même au visionnement et à l’écoute de l’enregistrement publié par GSI Musique et portant le numéro GSI-DVD-617. De nombreuses prises de vues inadéquates n’auraient pas dû être retenues au montage. Par exemple, dans le Vivaldi, des trois violonistes solos, deux sont bien cadrés et de l’autre, on ne voit que le violon et le menton. Même genre de problème lors de l’interprétation de l’Été indien, d’André Mathieu, par Alain Lefèvre: le zoom sur le visage du pianiste est à moitié caché par la tête d’un musicien et on nous montre cette prise de vue à plusieurs reprises.

Côté sonorité, il y a aussi des problèmes. Le son semble toujours être enregistré de loin. Peut-être est-ce une difficulté liée à la captation en extérieur sans amphithéâtre naturel. Ainsi, lorsque l’orchestre est seul à jouer, au moins le rendu est uniforme. Mais quand l’orchestre accompagne les chanteuses et les chanteurs, la voix semble prendre toute la place, comme s’il s’agissait d’une interprétation a capella. Dans « Deux par deux rassemblés », de Pierre Lapointe, à un moment, on nous montre le chœur qui chante, mais on ne l’entend pas. Tout cela tient de l’amateurisme et c’est bien désolant.

Des bons points? Le choix du programme et des interprètes ainsi que la décision de présenter certains extraits plutôt courts, permettant ainsi de varier le programme sans étirer la sauce. Les arrangements de Simon Leclerc ne sont pas tous aussi pertinents, mais la plupart rendent hommage aux œuvres et démontrent son talent de compositeur. Sa direction est solide et nous donne le goût de l’entendre dans de meilleures conditions.

Le spectacle devait être bien meilleur sur place: mieux aurait valu y être.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.