Les dessins d’une légende ou le dessin dans la légende

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Peu de temps après la disparition réelle, et non publique, du plus que célèbre auteur Réjean Ducharme, le 21 août dernier, les Éditions du passage faisaient paraître un recueil inédit de dessins de l’écrivain.

Ce qu’il y a de plus intéressant dans cet ouvrage, intitulé Le lactume, c’est peut-être bien son histoire. En effet, car c’est dès 1966 que Réjean Ducharme a tenté de faire publier ces 198 dessins qui, dans leur style, rappellent des œuvres picturales des Amérindiens des premiers peuples. À l’époque, Ducharme avait envoyé les dessins à Robert Massin, qui était alors directeur artistique chez Gallimard, et c’est à cause des frais élevés de photogravure et d’impression en quadrichromie que le projet n’aurait pas vu le jour.

Une erreur d’interprétation de la lettre que Ducharme avait écrite pour accompagner les dessins a fait en sorte qu’ils sont demeurés en la possession de M. Massin jusque dans les années 2000.

Les voilà aujourd’hui disponibles pour le public qui trouvera peut-être davantage d’intérêt dans les légendes qui accompagnent chacun des dessins réalisés à la mine et au crayon de couleur, que dans les dessins eux-mêmes. Presque toutes abstraites, ces œuvres sont agrémentées de courtes ou de plus longues légendes telles que « Fraîcheur, santé, beauté au service d’argent, sexe, tristesse et déchéance »; « Deux soleils non ronds »; ou encore « Un dessin qui ne vous dit rien c’est quelqu’un qui ne veut rien savoir de vous rien avoir de vous ».

La finition de l’ouvrage est bien faite: la qualité de reproduction laissant même très bien voir le filigrane de certains papiers utilisés par l’artiste. L’ouvrage en lui-même ne m’apparaît pas très intéressant, mais comme complément à l’œuvre littéraire de Ducharme il se peut qu’il aide à une meilleure compréhension de ce créateur hors du commun.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.