La France s’oppose à « toute » ingérence au Liban

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La France a mis en garde lundi contre « toutes » les ingérences au Liban, déstabilisé par l’annonce surprise il y a dix jours de la démission du premier ministre Saad Hariri dans un contexte de regain de tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran. 

Dans un premier temps, le Quai d’Orsay avait explicitement nommé Téhéran, estimant que la non-ingérence de la République islamique dans les affaires libanaises était une condition de stabilité de la région.

« M. Saad Hariri a appelé hier l’Iran à ne pas s’ingérer dans les affaires du Liban et des pays voisins », avait indiqué la porte-parole du ministère des Affaires étrangères lors d’un point de presse électronique. « Nous estimons que c’est une condition importante de la stabilité dans la région. »

Interrogé à ce sujet dans l’après-midi, l’Élysée a précisé que la France était hostile à « toutes » les ingérences, quelles qu’elles soient.

« On est contre toutes les ingérences, bien sûr, de l’un, de l’autre », a-t-on déclaré. « On doit préserver ce pays du jeu des pays étrangers qui pourraient le déstabiliser, ça peut viser tous ceux qui auraient cette idée. » « Les ingérences ne viennent pas seulement d’un pays » , a-t-on ajouté.

Saad Hariri, qui se trouve en Arabie saoudite, est sorti de son silence dimanche en annonçant son retour au Liban dans les prochains jours pour confirmer sa démission.

Le premier ministre qui avait expliqué craindre pour sa vie, a toutefois laissé entendre qu’il pourrait revenir sur cette démission si le Hezbollah – allié de l’Iran – cessait d’intervenir dans les conflits régionaux.

Il semble qu’il y ait « une certaine détente depuis cette intervention de Saad Hariri, malgré tout nous restons très vigilants », indique-t-on à Paris, à la veille d’une rencontre à l’Élysée entre Emmanuel Macron et le chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil, « messager » du président libanais Michel Aoun.

Participation onusienne

« Nous continuerons à prendre les initiatives auxquelles nous pensons pour l’avenir proche » en lien avec la secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, avec lequel Emmanuel Macron s’est entretenu dimanche au téléphone, ajoute-t-on.

À cette occasion, les deux dirigeants « ont évoqué leur préoccupation commune » et « ont envisagé les initiatives qu’il fallait prendre pour rassurer les Libanais, assurer la stabilité au Liban et préserver le Liban des environnements régionaux qui pourraient être déstabilisants. »

Un nouvel entretien entre Emmanuel Macron et Antonio Guterres est prévu mercredi, en marge de la COP 23 sur le climat à Bonn, en Allemagne. Pour l’heure, l’intervention du Conseil de sécurité de l’Onu, une hypothèse évoquée par les dirigeants libanais si l’impasse se prolongeait, n’est toutefois pas d’actualité, estime l’Élysée.

« Pour l’instant, on n’en est pas là », souligne-t-on. « Il faut voir un peu comment les choses évoluent cette semaine », avec une possible « normalisation de la situation », qui passerait par la remise de la démission du premier ministre démissionnaire au chef de l’État libanais.


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