Washington a perdu 60% de ses diplomates de carrière depuis janvier

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Les États-Unis ont perdu 60% de ses diplomates de carrière depuis janvier, selon la cheffe du syndicat qui représente les diplomates américains.

« Les rangs des dirigeants sont décimés à une vitesse folle », a écrit Barbara Stephenson, présidente de l’American Foreign Service Association.

Au dire de cette ancienne ambassadrice au Panama, les gens les plus qualifiés ont été « décapités ».

Dans une édition à venir du Foreign Service Journal, Mme Stephenson écrit que l’art de la diplomatie doit être défendu sous une administration qui, affirme-t-elle, semble intéressée à « détruire le gouvernement tel que nous le connaissons ».

Le déclin de la diplomatie américaine?

Selon ce que rapporte Barbara Plett Usher, correspondante de la BBC assignée au département d’État américain, cette lettre représente le plus récent appel à l’aide de diplomates aguerris mettant en garde contre la « multiplication des menaces » au sein du département d’État.

Selon eux, cet exode de fonctionnaires expérimentés prive l’institution de décennies d’expérience diplomatique.

Ils estiment par ailleurs que le gel d’embauche pour des postes d’entrée aura des conséquences néfastes à l’avenir. La lenteur du processus de confirmation des postes à teneur politique vient aussi compliquer les choses.

Ce dernier aspect s’est quelque peu accéléré récemment, mais le processus demeure embourbé par manque de candidatures.

Le président Trump refuse ainsi d’embaucher quiconque n’a pas appuyé sa candidature, comme cela fut le cas pour la majorité de l’establishment républicain en matière de politique étrangère.

M. Tillerson est en voie de réorganiser le département et d’en simplifier le fonctionnement. Il a précédemment rejeté les allégations voulant qu’une crise du personnel frappe l’institution, parlant plutôt des nombreux dossiers sur lesquels il travaille, et en nommant les diplomates de carrière à qui il fait appel en cas de besoin.

Tout cela pousse Mme Stephenson à se demander qui est responsable de la supposée volonté « d’affaiblir les Affaires étrangères américaines ».

En plus des délégués et des envoyés spéciaux, le nombre d’employés de responsables diplomatiques de haut vol a également diminué, rapporte l’organisation fondée en 1924.

Selon Mme Stephenson, les décisions des diplomates de carrière (qui, contrairement aux nominations politiques, ne changent pas à chaque nouvelle administration) furent en partie motivées par la décision du gouvernement de « réduire de plus de la moitié le nombre de promotions ».

Un gel d’embauches a aussi entraîné une réduction des employés de premier niveau rejoignant ce département devant prendre en charge la diplomatie à l’échelle planétaire.

« Les gens qui quittent sont non seulement les plus compétents, mais aussi des gens qui ne peuvent pas être remplacés immédiatement », mentionne Mme Stephenson.

Celle-ci ajoute que si un tel exode se produisait dans les rangs de l’armée, « je m’attendrais à une réaction négative de la population ».

Mme Stephenson évoque aussi l’opposition du Congrès à de telles compression au sein du département; le Sénat aurait parlé d’une « doctrine de retraite ».

« Pourquoi une telle volonté de décapiter le leadership? Comment ces actions aident-elles à rendre le département plus solide? », se demande-t-elle dans son éditorial.

« Où est le mandat consistant à rapatrier les employés du département d’État et à laisser toute la place à nos adversaires? »

Interrogé la semaine dernière à propos des postes vacants au ministère, M. Trump a répondu « je suis le seul qui importe ».


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Pieuvre.ca