Cinder Hill, le début fracassant de Son of Sam

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« I was told that you should never rush a good thing… » Cette phrase résume à elle seule l’album Cinder Hill, premier opus du groupe Son of Sam, sorti ces derniers temps après plus de 10 ans de travail. Tout vient à point à qui sait attendre, dit le proverbe, et la qualité spectaculaire de l’album témoigne de la véracité de l’adage.

Cette fameuse phrase sur la nécessité de prendre son temps pour bien faire les choses est tout droit sortie de Put It On Ya, premier extrait du disque qui avait attiré l’attention de ce journaliste. Journaliste qui, il faut bien avouer, n’a jamais vraiment porté attention à la scène hip hop qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs.

Ce disque est non seulement solide, il cogne comme une tonne de briques: du hip hop avec quelque chose à dire, avec des paroles engagées, un discours revendicateur comme il ne s’en fait plus que très peu. À quand remonte la dernière fois où un chanteur du genre diffusé sur les grandes chaînes ou occupant le haut du palmarès sur YouTube a donné l’impression de vouloir faire réfléchir son public?

Et que dire de cette musique? Que dire de ces accents funk, soul, cette guitare électrique, ce saxophone… cette flûte? Un peu plus et on se croirait au croisement passablement improbable entre le hip hop des débuts, celui des années 1980, et du rock alternatif de la décennie précédente, celui qui donnait l’impression d’avoir été composé (et d’être écouté) sous l’influence de puissants ingrédients probablement pas légaux.

Cinder Hill, c’est le premier album de trois types (et leur producteur) qui semblent avoir mis un soin maniaque à peaufiner chaque accord, peut-être même chaque note. Après 10 ans de boulot, on ne s’attendrait pas à moins. Remarquez, l’inverse est également vrai: doit-on rappeler le douloureux souvenir de Chinese Democracy?

Consacrer plusieurs écoutes au premier album de Son of Sam, c’est probablement emprunter le meilleur chemin pour s’initier au hip hop (très) bien fait. Le mélomane a droit à l’inverse du strict minimum. Et on se prendra à y retourner avec grand plaisir.

Un grand cru musical à s’envoyer prochainement entre les deux oreilles.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l’enfance. S’il s’intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n’hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l’économie ou encore les loisirs et le tourisme.
Hugo est également membre de l’équipe éditoriale de Pieuvre.ca.