« Enlisement inquiétant » des discussions sur le Brexit

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Les négociations sur le Brexit se trouve « dans un état très inquiétant d’enlisement » en ce qui concerne le prix du divorce politique, mais il est encore envisageable d’accomplir d’importants progrès d’ici Noël, soutient le négociateur en chef de l’Union européenne.

Au cours d’une conférence de presse tenue conjointement avec le secrétaire délégué au Brexit, David Davis, le négociateur Michel Barnier a ainsi confié à la presse qu’il ne serait plus en mesure d’indiquer, lors d’une rencontre des leaders de l’UE prévue la semaine prochaine à Bruxelles, que des « progrès suffisants » avaient été accomplis pour permettre le début des négociations sur les futures relations commerciales.

La principale pierre d’achoppement continue d’être le refus, par Londres, d’accepter l’analyse de l’UE de ce qui sera dû lors de la sortie du bloc, en mars 2019, M. Barnier soutenant qu’à la fin de la cinquième ronde de négociations, il n’était pas question qu’il réalise des « concessions ».

Les estimations sur le prix du divorce varient de 60 à 100 milliards d’euros.

Selon les informations du Guardian, M. Barnier a reconnu l’allant donné aux discussions par le discours de la première ministre britannique Theresa May à Florence, où elle a soutenu que la Grande-Bretagne paierait environ 20 milliards d’euros pour s’assurer qu’aucun État membre ne serait perdant dans les deux années suivant le Brexit, en plus d’honorer ses engagements financiers existants. « Cette semaine, cependant, la Grande-Bretagne a répété qu’elle n’était pas prête à détailler ces engagements », a poursuivi M. Barnier.

 

« Sur cette question, nous sommes enlisés, ce qui est particulièrement inquiétant pour les milliers de promoteurs et franchement stressant pour les contribuables… Je ne suis pas en mesure de proposer, lors du sommet du Conseil européen, la semaine prochaine, que nous entamions les discussions sur les futures relations. »

Autre signe que les négociations sont toujours dans une impasse, sept mois après le début de deux ans stipulé par l’article 50 sur le processus de retrait de l’UE, M. Barnier mentionne que « l’absence d’accord serait très mauvaise, et, bien franchement, notre camp sera prêt à faire face à toute éventualité ».

M. Barnier et son homologue britannique ont toutefois dit croire que les leaders européens pourraient lever cet obstacle lors du sommet d’octobre, possiblement en permettant au négociateur européen d’entamer les estimation sur la période de transition post-mars 2019.

De son côté, M. Davis a fait savoir que la compréhension, par Londres, ce qui devra être payé « ne peut venir que par la suite », mais a demandé aux leaders de s’appuyer sur l’énergie du discours de Mme May.

« Il est vrai que pour avoir certaines certitudes, nous devons parler de l’avenir », a-t-il dit. « Le discours de la première ministre a jeté les bases de notre ambition en faveur d’un partenariat important et spécial avec l’Union européenne, en plus d’indiquer que la période de mise en place devait être courte et clairement définie. J’espère que les leaders des 27 fourniront à Michel les moyens d’explorer des options à ce sujet avec nous. »

Selon des sources européennes, il y a encore possibilité que le Conseil permette à M. Barnier de prédéfinir certains détails de la période de transition, bien qu’une décision n’ait pas encore été prise, tandis que d’autres diplomates ont affirmé que les chances de parvenir à une telle percée étaient faibles.

Sur la question des droits des ressortissants, M. Davis a dit être optimiste, en affirmant que la plus récente ronde de négociations avait « rapproché les deux camps » pour que les 3,5 millions d’Européens vivant en Grande-Bretagne et que le million de Britanniques se trouvant en Europe conservent leurs droits.

M. Barnier a fait preuve de plus de prudence, en rappelant qu’il existait des mésententes majeures sur la réunification familiale et l’exportation des services de sécurité sociale après le Brexit. Bruxelles veut s’assurer que les Européens vivant en Grande-Bretagne conservent le droit de faire venir leurs parents au pays et d’y recevoir des pensions pour invalidité, tandis que Londres voudrait changer les règles après le Brexit.

Le camps britannique a aussi été frustré par le refus, par l’UE, de garantir la liberté de mouvement des ressortissants britanniques; par exemple, un Britannique vivant en Allemagne ne pourrait pas librement passer en France. Selon M. Barnier, cette question est encore sur la table et sera abordée « au moment approprié », sans donner plus de détails.

Enfin, si la question des conséquences du Brexit sur l’Irlande du Nord, MM. Barnier et Davis ont soutenu qu’un accord avait été conclu pour permettre le maintien de la libre-circulation entre la région britannique et le reste de l’Irlande. Les deux hommes ont néanmoins ajouté qu’il y avait encore du travail à faire.

 

 

 

 

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