L’auteur Kazuo Ishiguro remporte le Nobel de littérature

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Le prix Nobel de littérature 2017 a été attribué jeudi à Kazuo Ishiguro, écrivain et romancier britannique d’origine japonaise, dont les thèmes de prédilection sont le souvenir, le temps et l’illusion personnelle, a annoncé l’académie suédoise. 

L’oeuvre la plus connue de cet auteur de 62 ans est The remains of the day (Les vestiges du jour), livre publié en 1989, adapté au cinéma quatre ans plus tard sous le même titre avec Anthony Hopkins et Emma Thompson et nommé aux Oscars.

Kazuo Ishiguro, auteur de huit romans mais aussi de nouvelles, avait remporté en 1989 le prix Booker, récompensant les oeuvres en langue anglaise, pour ce même ouvrage.

L’académie Nobel a tenu à distinguer un écrivain qui a su révéler « les abîmes cachés sous notre sentiment illusoire d’une connexion avec le monde ».

« Il est un peu un mélange de Jane Austen, de la comédie de moeurs et de Franz Kafka. Si vous mélangez un peu tout ça, mais pas trop, vous avez un condensé d’Ishiguro », a commenté Sara Danius, secrétaire permanente de l’académie suédoise. « C’est formidable et totalement inattendu pour moi », a commenté le lauréat s’exprimant dans sa résidence du nord de Londres. « Nous vivons à une époque où le monde doute de ses valeurs, de ses dirigeants et de sa sécurité. J’espère seulement que recevoir cet immense honneur encouragera, même modestement, les forces du bien », a-t-il ajouté.

L’écrivain, né en 1954 à Nagasaki au Japon, a émigré avec sa famille en Grande-Bretagne alors qu’il était âgé de cinq ans.

Étudiant à l’Université d’East Anglia où il a appris les techniques de l’écriture, il s’est fait remarquer avec son premier roman, Lumière pâle sur les collines, paru en 1982 chez le prestigieux éditeur londonien Faber & Faber.

Mais c’est avec Les vestiges du jour, récit d’un majordome méticuleux et refoulé dans la Grande-Bretagne de l’après Seconde Guerre mondiale, qu’il accède à la notoriété.

« Jamais, depuis les années 1930, nous n’avons connu une situation plus propice à transformer la xénophobie en racisme néo-nazi », écrivait-il dans le Financial Times l’an passé, appelant la Grande-Bretagne « profondément divisée, déboussolée, anxieuse et sans chef » à s’unir autour « de ses valeurs honorables ».

Le prix accompagné de neuf millions de couronnes avait été décerné l’an passé au chanteur américain Bob Dylan. Ce choix, qui avait surpris certains observateurs, avait suscité des critiques, certains estimant que l’attribution de la distinction devait rester dans le cadre strict de la littérature.

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Pieuvre.ca