Washington à la rescousse de Porto Rico

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Les États-Unis ont augmenté lundi leur aide visant à résoudre la crise humanitaire en cours dans le territoire américain de Porto Rico, tandis que l’administration Trump cherchait à dévier les critiques voulant que sa réaction à l’ouragan Maria était insuffisante comparativement aux efforts déployés au Texas et en Floride après les récents ouragans dans ces régions.

Comme l’écrit l’Associated Press, cinq jours après que l’ouragan de catégorie 4 eut frappé Porto Rico, la majeure partie des 3,4 millions d’habitants de l’endroit sont toujours sans accès adéquat à de la nourriture, de l’eau et à du carburant. Les vols en partance de l’île étaient encore irréguliers, les communications, imprécises, et les routes étaient encore encombrées de débris. Des responsables ont indiqué que l’électricité pourrait ne pas être entièrement rétablie avant plus d’un mois.

À Washington, des dirigeants ont précisé qu’aucune armada de navires américains n’était en route vers l’île, puisque les fournitures pouvaient être plus facilement transportées par avion. L’administration Trump a rejeté l’idée de lever temporairement les restrictions fédérales sur le transport de marchandises par des navires étrangers, affirmant que cela n’était pas nécessaire. Ces règles ont pourtant été suspendues jusqu’à la semaine dernière en Floride et au Texas.

Bien que l’administration a déclaré que les efforts se concentraient sur l’envoi d’aide humanitaire, lorsque deux membres du cabinet présidentiels se sont exprimés lors d’une conférence sur un autre sujet – y compris le secrétaire à l’Énergie Rick Perry, dont le ministère aide à rétablir le courant sur l’île -, aucun des deux n’a mentionné Porto Rico ou l’ouragan Maria.

Pour des démocrates aux commandes de circonscriptions comportant un fort pourcentage de Porto-ricains sur le continent, la réaction du gouvernement est trop peu importante et trop lente jusqu’à maintenant. Le bilan des morts suite à Maria est passé à au moins 49 victimes, lundi, dont 16 à Porto Rico.

« Les Porto-ricains sont américains », a déclaré la représentante Nydia Velazquez, qui s’est rendue sur l’île pendant la fin de semaine pour évaluer les dégâts. « Nous ne pouvons, et nous n’allons pas les abandonner. »

Le président Donald Trump était lui-même attendu à Porto Rico et sur les Îles Vierges américaines, à la fin de la semaine dernière, après le passage violent de l’ouragan Irma, mais ce voyage a été reporté après que Maria a laissé entendre qu’il y passerait lui aussi.

Lors d’un passage à New York la semaine dernière, M. Trump a affirmé que Porto Rico était « absolument détruite » et « en très mauvais état ». Mais, pendant la fin de semaine, il n’a aucunement mentionné la crise humanitaire, alors qu’il multipliait les critiques contre les joueurs de la NFL ayant mis un genou en terre lors de l’hymne national.

Le chef de l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA), Brock Long, et le conseiller de la Maison-Blanche en matière de sécurité nationale Tom Bossert ont atterri à San Juan lundi, se présentant aux côtés du gouverneur de Porto Rico Ricardo Rossello lors d’une conférence de presse. Bien que ce dernier eut réclamé davantage d’aide d’urgence pendant la fin de semaine, il a remercié le gouvernement pour l’aide envoyée jusqu’à maintenant.

Au dire du gouverneur, la présence de MM. Long et Bossert était un « signal clair de l’engagement de l’administration en faveur du processus de reconstruction de Porto Rico ».

« Nous avons beaucoup à faire. Nous le savons », a déclaré M. Long.

De son côté, la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee a nié que le président était distrait de Porto Rico ou d’autres dossiers importants. Elle a affirmé que la réponse fédérale avait été « tout sauf lente », avant d’ajouter « qu’il y avait eu un ajout sans précédent de milliards de dollars en aide fédérale pour lequel l’administration s’est battue ».

Des équipes du département de l’Énergie sont à l’oeuvre à Porto Rico et sur les Îles Vierges, coordonnant leurs efforts avec l’Agence d’énergie de Porto Rico, FEMA et une équipe de l’Agence new-yorkaise des services électriques, entre autres. Une porte-parole a fait savoir que d’autres équipes seraient déployées dès que leur transport pourrait être organisé.

La réponse fédérale à Maria comporte son lot de problèmes logistiques allant au-delà des défis rencontrés au Texas ou en Floride. Le ravitaillement et les fournitures d’urgence doivent être transportées par air ou par mer, plutôt qu’à l’aide de convois routiers.

La FEMA a indiqué qu’elle comptait 700 employés sur le terrain à Porto Rico et dans les Îles Vierges. Ceux-ci aident à la coordination des efforts fédéraux, qui totalisent maintenant plus de 10 000 personnes.

À Porto Rico, ces employés fédéraux ont fourni du carburant pour alimenter les génératrices des hôpitaux et ont livré de la nourriture et de l’eau aux communautés qui en ont urgemment besoin à travers l’île. Les avions cargos transportent des fournitures supplémentaires, et des navires aux cales remplies commencent à arriver dans les différents ports.

Sur la colline du Capitole, les leaders du Congrès discutaient de la façon dont serait traitée la facture de tous ces efforts de reconstruction. Porto Rico pliait déjà sous le poids de graves problèmes financiers et économiques avant que Maria ne touche terre.

L’an dernier, le président de la Chambre des représentants et la leader démocrate Nancy Pelosi avaient collaboré avec le président Barack Obama pour aider Porto Rico, durement touché par la récession, à gérer une crise de la dette. Après la tempête dévastatrice, les Porto-ricains auront maintenant droit aux mêmes fonds d’aide d’urgence que le Texas et la Floride. Les parlementaires ont approuvé un fonds de 15 milliards après qu’Harvey eut ravagé le Texas, mais plusieurs autres milliards seront fort probablement nécessaire pour réparer les dégâts de Maria.

M. Ryan a déclaré lundi que le Congrès allait s’assurer que les gens de Porto Rico « aient ce dont ils ont besoin ».

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Pieuvre.ca