Au Japon, les classiques des jeux vidéo trouvent une nouvelle vie plus techno

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L’industrie japonaise des jeux vidéo est en voie de retrouver son air d’allant en adaptant des titres vieux de plusieurs décennies à la nouvelle technologie en vogue. Et cette énergie est palpable dans le cadre de l’édition 2017 du Tokyo Game Show, qui a ouvert ses portes à la presse, jeudi, avant l’arrivée du public prévue ce weekend.

« Nos anciens fans jouaient à des jeux japonais, et ces gens sont excités de voir que ces jeux sont sur le retour, et ils les reconnaissent comme des jeux au style spécifiquement japonais », a mentionné à l’Associated Press le créateur Koji Igarashi, dans les corridors du hall d’exposition situé à Chiba, une banlieue de la capitale nippone.

« De véritables jeux qui ressemblent à des jeux », voilà la façon dont M. Igarashi parle des titres qui profitent d’un coup de jeune, y compris ses propres titres, des jeux de rôles en deux dimensions avec écrans défilants – les fameux side-scrolling games. Sa plus récente version disposera d’une section cinématique en 3D.

Bien que les téléphones intelligents montent depuis plusieurs années à l’assaut du marché des jeux vidéo, les compagnies du secteur s’adaptent, et ce déjà depuis 2010. Après que la poussière eut retombé, certains des jeux ayant survécu à cette vague sont d’origine japonaise, comme Monster Hunter, ou encore Resident Evil – connu sous le nom de Biohazard au Japon, deux titres de l’éditeur Capcom. On peut aussi évoquer la série Mario, de Nintendo, ou encore Gran Turismo, de Sony.

Ce qui aide, également, c’est la mise en marché de consoles de jeu par les fabricants japonais, comme la PlayStation 4 de Sony et la Switch de Nintendo. Plus de 60 millions de PS4 ont trouvé preneur depuis l’an dernier. Du côté de chez Nintendo, on parle de 4,7 millions d’unités vendues depuis le lancement, en mars de cette année.

Chez Nintendo, on avait d’abord ignoré la menace des téléphones intelligents, avant de faire volte-face et d’offrir des versions des titres phares depuis 2015. Pokemon Go, mettant en vedette les personnages de la série Pokémon de Nintendo, est devenu un succès mondial.

Les jeux disposent également de communautés en ligne massives, entre autres fonctionnalités, ou offrent parfois une déclinaison en format réalité virtuelle, ce qui permet non seulement de concevoir de nouveaux titres, mais aussi de donner un coup de jeune aux titres ancestraux.

M. Igarashi compare le phénomène à la résilience de l’industrie cinématographique japonaise face au monstre hollywoodien. « Nous ne faisons qu’offrir ce que nous trouvons amusant », dit-il, notant au passage que cette idée de « plaisir à la japonaise » pouvait traverser les frontières. « Et nous ne devons jamais perdre de vue ce qui nous rend uniques. »

Dans son plus récent jeu, Bloodstained: Ritual of the Night, le joueur devient Miriam, une orpheline qui se réveille d’un coma et qui combat des démons alors qu’elle tente de contrer une malédiction transformant sa peau en cristal.

Igarashi, « Iga » pour les fans, a produit la série d’action classique Castlevania, qui a débuté en 1987, travaillant pour le grand développeur Konami avant de claquer la porte pour se lancer en indépendant, il y a trois ans.

L’homme a amassé 5,5 millions $ en financement participatif sur Kickstarter. Le titre doit se décliner sur la Switch, sur PC, sur Xbox One, sur Ps4 et sur la console portable Vita, et son lancement est prévu en sept langues, dont le chinois et l’italien, au cours de la première moitié de l’année prochaine.

Atsushi Morita, président de la division jeux vidéo de Sony, affirme que la culture japonaise se retrouve au coeur de la méthode narrative illustrée qui a débuté avec les mangas, est passée à l’animation et aux films, et qui permet maintenant d’intégrer des éléments interactifs dans les jeux.

Plusieurs gens ont grandi avec les jeux, ajoute M. Morita, mais on cessé en vieillissant. Mais avec de nouvelles technologies comme le casque de réalité virtuelle développé par Sony et une gamme de produits devant être lancés sous peu, cela pourrait finalement être le bon moment pour que l’industrie japonaise des jeux vidéo retrouve sa gloire d’antan, poursuit-il.

« Nous voulons que les gens se souviennent du plaisir des jeux, et qu’ils le redécouvrent », mentionne M. Morita. « Nous voulons que les gens revivent cette joie, cette émotion. »

Chez un autre studio, Square Enix, le président Yosuke Matsuda annonce que son entreprise lancera le 15e titre de la série à succès Final Fantasy. De longues files d’attente se sont formées devant le kiosque géant de l’entreprise au Tokyo Game Show, les amateurs étant nombreux à vouloir tester le nouveau titre.

« Les jeux japonais sont aimés partout dans le monde », a ajouté M. Matsuda.

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Pieuvre.ca