Trump, sur un ton plus mesuré, appelle à réformer l’ONU

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Le président américain Donald Trump a profité de ses débuts aux Nations unies, lundi, pour appeler l’organisation internationale à réduire son importante bureaucratie et à mieux définir sa mission. Il a toutefois renouvelé l’appui des États-Unis envers une institution qu’il avait allègrement dénigrée pendant sa campagne électorale, et ses critiques étaient plus restreintes qu’au cours des dernières années.

« Au cours des dernières années, les Nations unies n’ont pas atteint leur plein potentiel en raison de la bureaucratie et de la mauvaise gestion », a-t-il déclaré, selon ce qu’écrit l’Associated Press. « Nous ne voyons pas les résultats correspondants aux investissements. »

Le président a ainsi pressé l’ONU de se concentrer « davantage sur les gens, et moins sur la bureaucratie », et de changer « le statu quo et de ne pas être prisonnier des méthodes du passé qui ne fonctionnent pas ». Il a également laissé entendre que les États-Unis payaient plus que leur juste part pour défrayer les coûts de fonctionnement de cette organisation dont le siège social se trouve à New York.

Ces courtes déclarations présentées lors d’un forum sur les réformes onusiennes étaient des précurseurs de l’événement principal prévu mardi, lorsque M. Trump s’adressera pour la première fois à l’Assemblée générale des Nations unies, un discours nerveusement attendu par les leaders politiques craignant l’impact qu’aura la vision trumpienne de « l’Amérique d’abord » sur l’ONU.

Questionné à propos de son message central destiné à l’Assemblée générale, le président a modifié quelque peu son slogan de campagne, en disant « je crois que le message central est « d’atteindre la grandeur des Nations unies » (Make the United Nations great). Pas la retrouver (great again), mais l’atteindre ».

« Il y a tant de potentiel, et je crois que nous serons en mesure d’y parvenir », a-t-il ajouté.

Mais alors même que le président critiquait les Nations unies, il a affirmé que les États-Unis seraient des « partenaires » pour faire en sorte que l’organisation internationale soit une force plus efficace en faveur de la paix dans le monde.

Il a ainsi salué les premiers gestes onusiens en faveur de réformes, et n’a pas menacé de retirer l’appui américain. Cette approche plus mesurée contraste grandement avec la prise de position tranchée adoptée au quartier général de l’OTAN à Bruxelles, en mai, lorsqu’il a reproché aux États membres de ne pas payer leur juste part, en plus de refuser d’appuyer explicitement le pacte de défense mutuelle.

Alors qu’il faisait campagne pour entrer à la Maison-Blanche, M. Trump avait qualifié l’ONU de faible et l’incompétente, en plus de ne pas être l’amie des États-Unis ou d’Israël. Mais il a depuis adouci son message, déclarant à des ambassadeurs, en avril, que l’ONU possédait un « potentiel incroyable ».

Plus récemment, le président a salué deux votes unanimes du Conseil de sécurité en faveur du durcissement des sanctions contre la Corée du Nord.

La rencontre annuelle des chefs d’États et de gouvernements est lancée alors que l’on s’inquiète grandement des priorités de Donald Trump. Pour plusieurs leaders, il s’agira de la première occasion de jauger en personne l’homme fort de la Maison-Blanche.

Toujours dans une perspective d’amélioration des Nations unies, Washington a demandé aux États membres de signer une déclaration visant la réforme des institutions onusiennes, et plus de 120 d’entre eux sont allés de l’avant en ce sens.

Fidèle à lui-même, le président a également réussi à ajouter, dans son discours, une référence à l’immeuble à logements portant sa marque et installé directement de l’autre côté de la rue bordant les Nations unies.

Son discours a inauguré une semaine chargée sur le plan de la diplomatie, le président devant rencontrer séparément plus d’une dizaine de leaders en marge des Nations unies. Lors de sa première rencontre bilatérale, en compagnie du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, M. Trump a déclaré qu’ils « donnaient absolument le feu vert » aux négociations de paix pour le Proche-Orient.

Le président américain doit rencontrer le président de l’Autorité palestinienne plus tard cette semaine, mais la Maison-Blanche s’est employée à réduire les attentes envers un déblocage diplomatique.

Les États-Unis sont les plus importants contributeurs au budget des Nations unies, reflétant en ce sens leur position comme plus grande économie de la planète. Le pays défraie 25% des coûts réguliers de l’ONU, ainsi que plus de 28% du budget des activités de maintien de la paix – des dépenses jugées injustes par le président Trump. Les États-Unis n’ont pas encore versé leur paiement pour cette année, ce qui porte à croire que Washington pourrait réduire sa contribution.

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Pieuvre.ca