Littérature – Le conservateur, dans la salle d’exposition, avec l’audioguide

0

Il y a de ces idées qui semblent offrir une marge de manoeuvre quasi-infinie: la série Crimes… se décline ainsi en un troisième volume, toujours frais sorti des presses des éditions Druide.

La couverture du livre

Ainsi, après Crimes à la librairie et Crimes à la bibliothèque, voilà qu’apparaît Crimes au musée. Le principe demeure le même, soit celui de rassembler en un seul recueil une dizaine, voire une vingtaine d’auteurs et de leur donner comme mandat d’écrire une nouvelle mettant en scène un crime et se déroulant dans un cadre bien précis.

Cette fois, le mandat est un peu plus permissif. Si la définition d’une bibliothèque ou d’une librairie implique forcément un lieu physique spécifique comportant habituellement des rayonnages où sont rangés des livres, celle d’un musée, quant à elle, offre la possibilité d’installer ce que l’on y expose un peu partout. Après tout, au-delà du musée traditionnel et de ses toiles ou de ses oeuvres d’art, on compte des musées en plein air, des centres d’interprétation, des musées installés dans des maisons, des bateaux, des usines désaffectées… Ou sur la Lune, tiens, si l’envie nous prenait de donner dans la science-fiction.

Point de cela dans ce nouvel ouvrage d’environ 350 pages, malheureusement, mais cela ne veut pas dire que le recueil n’est pas intéressant, bien au contraire. Cette fois-ci, d’ailleurs, tous les auteurs sont en fait des auteures. Et c’est donc avec cette distribution entièrement féminine que nous plongeons dans ces petits univers sanglants où il faut admirer de loin et assassiner discrètement.

Que dire, alors, de cette vingtaine de nouvelles? Qu’elles sont inégales, certes, mais cela, il fallait s’y attendre. On peut surtout avancer qu’elles sont majoritairement bien écrites, avec des personnages bien souvent agréablement, voire superbement développés, et ce malgré les contraintes d’espace imposées par le format des textes. Ces nouvelles sont si intéressantes, en fait, qu’on en aurait pris davantage… sous la forme d’un roman, peut-être?

Mais bon, puisque nous sommes dans un recueil de nouvelles, autant apprécier ces perles littéraires.

Paradoxalement, ce qui fait d’un côté l’intérêt de ce genre de regroupement livresque est aussi ce qui sape en partie son attrait. Chaque texte se veut différent des autres, oui, et nombreux sont ceux qui parviennent à s’établir comme des oeuvres à part entière, à faire suffisamment bonne impression pour que le lecteur en tire d’agréables souvenirs. Mais tel que mentionné précédemment, le cadre du musée et l’obligation d’y commettre un crime – bien souvent un crime violent, voire passionnel… certainement un crime sanglant, ou encore mortel – semblent avoir poussé les auteures à limiter leur imagination. Si l’on peut probablement estimer que des textes sortant très largement du cadre conventionnel auraient pu faire tache sur le reste de l’oeuvre, il n’en reste pas moins qu’il se dégage une certaine impression de conformisme. Oh, il y a certainement des différences ici et là, et cela ne veut absolument pas dire que tous les textes se ressemblent, mais ces auteures gagneraient probablement à disposer d’un peu plus de liberté créative. Risqueraient-elles alors de carrément faire sauter le cadre narratif, torpillant du même coup le concept qui les a rassemblées entre deux pages couvertures? Mystère…

Crimes au musée, publié aux éditions Druide, 340 pages.

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l’enfance. S’il s’intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n’hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l’économie ou encore les loisirs et le tourisme.
Hugo est également membre de l’équipe éditoriale de Pieuvre.ca.