Corée du Nord: la crise relance le débat sur l’armement au Sud

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Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis ont relancé à Séoul le débat sur l’armement de la Corée du Sud, certains députés réclamant même un « équilibre nucléaire » dans la péninsule. 

Pour ces élus conservateurs, Séoul devrait demander à Washington de redéployer un arsenal nucléaire en Corée du Sud si cette dernière ne peut pas développer son propre programme.

Les États-Unis ont retiré leurs armes nucléaires de Corée du Sud en 1992, lorsque les deux Corées se sont entendues sur le principe d’une péninsule dénucléarisée.

Malgré cet accord et diverses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, la Corée du Nord a procédé depuis 2006 à cinq essais nucléaires. Elle a multiplié cette année les tirs de missiles balistiques dans le but affiché de les doter d’ogives nucléaires.

« C’est désormais le moment de réfléchir activement à l’hypothèse de faire revenir des armes nucléaires tactiques (en Corée du Sud) », a dit Chung Woo-taik, chef de file au parlement du principal parti d’opposition, Liberté Corée, à Reuters. « La Corée du Nord a rompu il y a longtemps l’accord de dénucléarisation », a ajouté le dirigeant conservateur.

La réintroduction d’armes nucléaires en Corée du Sud semble toutefois un scénario peu probable car elle décrédibiliserait les demandes de Séoul et Washington sur un abandon par Pyongyang de son propre programme nucléaire militaire.

Pour le moment, les dirigeants sud-coréens se concentrent plutôt sur le cadre imposé au pays dans le domaine balistique.

La Corée du Sud est pour l’instant seulement autorisée à disposer de missiles d’un rayon d’action de 800 km avec une charge maximale de 500 kg.

Davantage qu’une augmentation du rayon d’action, les dirigeants sud-coréens aimeraient pouvoir au moins doubler la charge autorisée afin de pouvoir si nécessaire percer les bunkers souterrains et les défenses des sites nucléaires nord-coréens.

Trump a le doigt sur le bouton

Par ailleurs, le président américain a affirmé vendredi que les solutions militaires qui pourraient être employées par les États-Unis contre la Corée du Nord sont « totalement en place » et sont prêtes à être utilisées si le régime nord-coréen agit de manière « imprudente ». « Les solutions militaires sont totalement en place, verrouillées et chargées, si le Nord agit de manière imprudente.

Espérons que Kim Jong-un choisira une autre voie », écrit le président américain sur son compte Twitter.

Dans cette nouvelle déclaration, Donald Trump a recours à l’expression « verrouillée et chargée » que les militaires utilisent pour signifier qu’une arme à feu est immédiatement prête à l’emploi.

L’escalade verbale entre Washington et Pyongyang n’a cessé de s’accentuer au cours des derniers jours, chaque camp menaçant l’autre de représailles sans précédent en cas d’attaque.

Jeudi soir, Donald Trump avait affirmé que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avait « manqué grandement de respect » à l’égard des Etats-Unis et avait promis que ce dernier n’allait « pas s’en tirer comme ça ».

De son côté, le régime nord-coréen a annoncé avoir mis au point un projet de tirs de missiles vers l’île de Guam, un territoire américain dans l’océan Pacifique.

Moscou tempère

Enfin, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé vendredi que la Russie et la Chine avaient mis au point un projet commun de règlement de la crise entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Ce projet propose un gel des essais de missiles auxquels le régime de Pyongyang procède désormais avec régularité en échange d’un arrêt des manoeuvres militaires conjointes de grande envergure menées par les armées américaine et sud-coréenne.

Sergueï Lavrov a précisé que les déclarations menaçantes proférées à la fois par le régime nord-coréen et par Donald Trump étaient une source de profonde inquiétude en Russie.

Moscou estime que le risque d’un conflit entre les deux pays est élevé, a précisé le chef de la diplomatie russe s’exprimant en direct à la télévision nationale à l’occasion d’un forum d’étudiants. « Le camp le plus fort et le plus sage » devrait faire le premier pas pour désamorcer la crise, a ajouté le ministre.

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Pieuvre.ca