La rencontre Trump-Poutine, l’événement qui éclipse le G20

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Le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine pourront pour la première fois se jauger en personne vendredi après-midi, lors de la rencontre la plus attendue du sommet du G20 à Hambourg. 

Comme l’indique Reuters, Donald Trump a dit qu’il souhaitait trouver des moyens de travailler avec Vladimir Poutine, un objectif rendu difficile par les camps adverses soutenus par les deux pays dans les conflits ukrainien et syrien, et les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

La rencontre aura lieu à 15h45 juste après le début d’une session de travail sur le climat et l’énergie. « Je suis impatient de rencontrer les dirigeants mondiaux aujourd’hui, y compris Vladimir Poutine. Je représenterai bien notre pays et me battrai pour ses intérêts », écrit Trump dans un tweet.

Chaque geste, chaque expression et chaque parole sera donc scruté avec la plus grande attention entre l’ex-star de télé-réalité et magnat de l’immobilier et l’ancien officier du contre-espionnage.

Côté américain, on redoute que le président républicain, novice sur la scène internationale et dont la politique russe est encore balbutiante, ne soit moins préparé que le président russe rompu aux rencontres au sommet avec George W. Bush puis Barack Obama. « Rien (..) ne plairait plus au Kremlin qu’un président (américain) qui se satisferait d’une poignée de main et d’un sourire, puis tournerait les talons pour dire quelle fabuleuse rencontre il a eue avec l’autocrate du Kremlin », estimait le représentant démocrate Adam Schiff, membre de la commission du renseignement à la chambre, dans une interview à MSNBC.

À Washington, l’enquête se poursuit pour déterminer s’il y a eu collusion entre les équipes de campagne de Donald Trump et le Kremlin avant l’élection. Le président américain, qui a démenti comme Moscou toute connivence, est sous pression pour adopter une ligne dure face à la Russie.

Jeudi, à Varsovie, Trump a présenté la Pologne comme un allié exemplaire pour bâtir des défenses contre les « activités déstabilisatrices » de la Russie, une expression saluée par au moins un « faucon » républicain au Sénat. « C’est un début formidable pour une semaine importante pour la politique étrangère américaine », a déclaré le sénateur Lindsey Graham, d’habitude critique du président sur les questions de sécurité.

Dans la journée, le président s’est une fois de plus refusé à se prononcer sur les conclusions des agences du renseignement américaines sur l’ingérence russe dans la campagne, notamment par le biais de piratages. « Je pense que c’était la Russie mais je pense que c’était probablement d’autres personnes et/ou pays, et je ne vois rien de mal à cette déclaration. Personne ne sait vraiment avec certitude », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Trois sénateurs ont écrit au président pour signaler leur « profonde inquiétude » quant à d’éventuelles discussions sur la réouverture de deux centres russes à New York et dans le Maryland, fermés l’année dernière sur ordre de Barack Obama en réaction à la campagne présumée d’attaques informatiques de la Russie.

Les républicains Johnny Isakson et Marco Rubio ainsi que la démocrate Jeanne Shaheen, membres de la commission des Affaires étrangères, estiment qu’une réouverture « enhardirait » Vladimir Poutine et encourageait de nouvelles interventions russes dans les scrutins occidentaux.

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a précisé mercredi que le président chercherait en outre à évoquer le dossier syrien avec son homologue russe. « Les États-Unis sont prêts à explorer avec la Russie des mécanismes communs assurant la stabilité, y compris des zones d’exclusion aérienne » en Syrie, a déclaré le chef de la diplomatie américaine avant son départ pour Hambourg.

La question nord-coréenne, ravivée par l’essai de missile de mardi, sera également au programme. « J’aimerais voir le président trouver un moyen d’impliquer la Russie sur la Corée du Nord », disait le représentant républicain Francis Rooney, membre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre. « Peut-être que c’est l’occasion de relancer les relations d’une manière positive. »

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Pieuvre.ca