Accord de Paris: le « suspense » de Trump, la détermination de Macron

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Le président Donald Trump a décidé de soustraire les États-Unis de l’Accord sur le climat signé à Paris en décembre 2015, a-t-on appris mercredi à Washington, de source autorisée.

S’il se confirmait, écrit Reuters, ce retrait, d’abord rapporté par le site d’information américain Axios, s’inscrirait en droite ligne des propos tenus par le milliardaire républicain durant la campagne présidentielle l’an dernier.

Donald Trump a simplement fait savoir mercredi sur Twitter qu’il ferait connaître sa décision « dans les prochains jours ».

Cet accord sur le réchauffement climatique parrainé par les Nations unies est entré en vigueur le 4 novembre 2016, après sa ratification par au moins 55 pays comptant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre de la planète.

La Chine et les États-Unis, les deux plus grands pollueurs de la planète dans cet ordre, l’ont ratifié ensemble au début du mois de septembre.

Le président américain est apparu isolé sur cette question du climat lors du sommet du G7 qui s’est tenu en fin de semaine dernière en Sicile, la chancelière allemande Angela Merkel parlant d’une situation de « six contre un ».

Offensive parisienne

À Bruxelles, la Commission européenne a estimé qu’un retrait des Etats-Unis serait regrettable tout en soulignant que l’Union européenne était disposée à adopter une position en pointe sur ce dossier, en collaboration avec ses partenaires « en Afrique et en Asie ». « S’ils décident de se retirer ce serait décevant mais je ne pense pas vraiment que ça modifiera le cours de l’humanité », a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic.

À Paris, le gouvernement a fait savoir que le président Emmanuel Macron souhaitait que la France soit « la patrie du changement climatique » et serait très offensive sur cette question.

Donald Trump avait affirmé durant la campagne présidentielle que le « concept de réchauffement climatique » avait été inventé par les Chinois « pour empêcher l’industrie américaine d’être compétitive »

Le milliardaire républicain avait donc promis de faire sortir les États-Unis de l’Accord de Paris, avant de dire qu’il n’excluait pas d’y rester si de meilleures conditions étaient accordées aux Américains. Cette position était à l’opposé de celle de son prédécesseur Barack Obama, ardent défenseur de la protection de l’environnement.

Adopté par près de 200 pays lors de la 21e Conférence des parties à la convention climat et jugé alors historique, l’accord de Paris jette les bases d’une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l’origine des dérèglements climatiques.

Il fixe le cadre d’engagements politiques, économiques et financiers visant à contenir la hausse de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2°C » en 2100 par rapport aux niveaux pré-industriels.

Si le retrait de Washington se confirmait, cela placerait les États-Unis en compagnie du Nicaragua et de la Syrie comme non signataires de l’Accord de Paris.

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Pieuvre.ca