Rain: géométrie de l’intempérie

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La chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker, figure marquante de la danse contemporaine, revient à Montréal, cette fois-ci pour présenter au public montréalais Rain, une des oeuvres majeures du répertoire de sa compagnie Rosas. Quinze ans après sa création en 2001, l’oeuvre a repris la route, maintenant portée par un groupe de 10 jeunes interprètes.

L’ADN de l’oeuvre repose sur sa communion avec la composition musicale l’accompagnant de Steve Reich, Music for 18 Musicians, petite soeur de Drumming. La musique et la chorégraphie sont fusionnelles, chacune présente une géométrie mathématique, faisant écho à l’autre.

Les danseurs traversent la scène dans des diagonales de saut, entreprennent des courses circulaires et suivent des trajectoires tracées au sol dans un rythme suivant la cadence. Les formes géographiques qui se construisent sont claires et les répétitions et les canons deviennent le coeur de l’oeuvre. La chorégraphe n’y est pas allée aléatoirement, la conception de l’oeuvre repose sur la stricte suite mathématique de Fibonacci (nombre d’or) dont le canevas contraignant n’empêche pas les danseurs d’y ajouter une touche d’interprétation. On les sent s’emporter en suivant le rythme de la musique de Reich qui s’intensifie telle une forte averse créant un tourbillon tempestif. L’oeuvre devient parfois torrentielle, puis s’adoucit telle une fine pluie d’été teintée par le rose d’un soleil couchant. Les danseurs sont à la fois singuliers comme des gouttes d’eau, mais l’harmonie du groupe a la portée d’une averse. La gestuelle de Rain est riche, la signature d’Anne Teresa de Keersmaeker y est omniprésente. On en ressort complètement hypnotisé!

Rain est présenté du 4 au 6 mai à la salle Maisonneuve de la Place des arts.

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À propos du journaliste

Laurence Cardin