Les girafes, nouvelle espèce menacée

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Des experts en protection des animaux ont déposé une demande formelle pour que le gouvernement américain place les girafes sur la liste des espèces en danger dans une tentative d’éviter ce qu’ils qualifient « d’extinction silencieuse » du plus grand animal terrestre de la planète.

Selon ce qu’écrit The Guardian, une pétition déposée par cinq groupes environnementaux réclame que le US Fish and Wildlife Service fournisse une profession spécifique à la girafe, dont le nombre d’animaux a subi une forte baisse au cours des dernières années.

Au dire de l’International Union for the Conservation of Nature, qui a placé les girafes sur la liste des espèces menacées en décembre dernier, il ne resterait plus que 97 500 de ces animaux en Afrique sub-saharienne aujourd’hui, une chute de près de 40 % depuis 1985. Il y aurait aujourd’hui moins de girafes que d’éléphants en Afrique.

Les girafes subissent les conséquences de la destruction de leur habitat, des maladies et de la chasse illégale pour l’obtention de la viande de brousse. Ils sont également à risque d’entrer en collision avec des véhicules et des lignes électriques. Mais les pétitionnaires soulignent que l’espèce est également menacée par les « chasseurs de trophées » qui se rendent en Afrique pour pratiquer la chasse au gros gibier. Ces chasseurs-touristes proviennent très largement des États-Unis.

Selon les analyses effectuées par les experts, les Américains ont importé 21 402 os gravés, 3008 peaux et 3744 trophées de chasse en provenance de girafes depuis les 10 dernières années. Au moins 3700 girafes auraient été tuées pour fournir ces objets.

Un placement sur la liste des espèces menacées imposerait de lourdes restrictions sur n’importe quel chasseur américain désirant voyager en Afrique et rapporter un cadavre de girafe. Un chasseur devrait démontrer que le fait de rapporter un trophée de girafe aiderait l’espèce.

La pétition précise entre autres que les États-Unis « sont uniquement positionnés pour aider à protéger ces gracieux animaux iconiques ».

« Considérant les menaces pesant contre les girafes et leurs petites populations restantes, il est temps que les protections offertes par l’Endangered Species Act entrent en vigueur pour cette espèce gravement et toujours plus menacée. »

Le problème des girafes, qui possèdent des cous aussi longs que deux mètres et des langues d’une cinquantaine de centimètres, a surpris plusieurs experts en protection de la faune. Ces risques ont été supplantés par la crise du braconnage touchant les éléphants et les rhinocéros, en plus de cas largement médiatisés comme la mise à mort de Cecil le lion sous les balles d’un dentiste du Minnesota, au Zimbabwe, en 2015.

Mais de récents sondages tracent un sombre portrait du déclin des girafes, qui vivent désormais dans des habitats toujours plus fragmentés. Le rôle joué par les chasseurs de trophées a été souligné en août lorsque des photos montrant une jeune fille de 12 ans, originaire de l’Utah et prenant la pose près d’une carcasse de girafe, ont commencé à circuler.

« Lorsque j’effectuais des recherches sur les recherches au Kenya, il y a quelques années, elles étaient relativement nombreuses, et personne ne remettait en question le fait qu’elles se portaient bien », mentionne Jeff Flocken, directeur régional pour l’Amérique du Nord de l’International Fund for Animal Welfare.

« Ce n’est que récemment que nous nous sommes penchés sur elles de façon plus importante et que nous avons constaté cette forte baisse, qui a choqué la communauté. C’est un animal iconique, et les problèmes sont graves. »

Pour M. Flocken, si les États-Unis ne peuvent pas faire grand chose pour empêcher la mort de girafes en Afrique, la réglementation de l’importation des trophées serait une étape « importante » pour ralentir le déclin de l’espèce.

En septembre, des recherches en génétique ont révélé qu’il existait quatre espèces distinctes de girafes, et non pas une seule comme cela était estimé depuis longtemps. Cependant, la pétition réclame une protection pour toutes les girafes, et ce sans égard aux sous-espèces.

Le Fish and Wildlife Service a classé le lion africain sur la liste des espèces en danger en 2015 dans une tentative de protection de l’espèce. Les fils du président Donald Trump, qui se passionnent pour la chasse, ont été photographiés alors qu’ils tenaient des morceaux d’éléphant et de léopard. Cependant, le processus de gestion des espèces en danger n’a pas été modifié sous la nouvelle administration.

En vertu des règles fédérales, le service dispose de 90 jours pour répondre à la pétition et déterminer si un placement sur la liste est justifié. Il pourrait ensuite s’écouler plus d’un an avant d’éventuellement aller de l’avant avec le classement.

 

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Pieuvre.ca