La vie pourrait se cacher dans les océans d’Encélade

0

Elle ressemble à un désert de glace, mais sous la surface inhospitalière d’Encélade, une lune de Saturne, la vie pourrait prospérer au sein d’océans sous-terrains composés d’eau tiède, estiment des chercheurs.

Comme l’écrit The Telegraph, la sonde Cassini de la NASA a recueilli la première preuve indiquant que des réactions chimiques se produisent loin sous la glace, ce qui pourrait créer un environnement capable de subvenir aux besoins de microbes.

Selon des experts, cette découverte est le « plus récent morceau » du casse-tête prouvant que la vie était possible sur Encélade, une découverte autant plus remarquable que la petite lune se trouve à plus d’un milliard de kilomètres du Soleil.

David Rothery, professeur de géosciences planétaires à l’Open University, a déclaré qu’en ce moment, « nous ne connaissons qu’une seule genèse de la vie, celle qui a mené jusqu’à nous ». « Si nous savions que la vie est apparue indépendamment à deux endroits dans notre système solaire, alors nous pourrions affirmer avec confiance qu’elle est aussi apparue sur certaines des dizaines de milliards de planètes et de lunes orbitant autour d’autres étoiles dans notre galaxie.

Les océans liquides sont présents à des kilomètres sous la surface d’Encélade; pour découvrir ce qui s’y passe, les chercheurs doivent donc s’appuyer sur les geysers de vapeur et d’eau projetés dans l’atmosphère via des failles dans la glace.

En octobre 2015, la NASA a envoyé Cassini à travers l’un de ces panaches et y a découvert de l’hydrogène et du dioxyde de carbone.

Dans une étude publiée jeudi dans Science, des scientifiques indiquent que la seule « source plausible » pour l’hydrogène était des réactions chimiques entre de l’eau tiède et des rochers situés sur le fond océanique.

De façon encore plus importante, si de l’hydrogène est présent, ce gaz peut se mélanger au CO2 pour former du méthane, qui est consommé par les microbes vivant dans les sombres profondeurs des mers de notre propre planète. « Encélade possède un océan recouvert de glace, et un jet de vapeur et de particules parvient à la surface via des failles dans la couche glacée », précise le professeur Hunter Waite, du Southwest Research Institute, qui est le principal chercheur assigné au spectromètre de masse de Cassini, qui a détecté l’hydrogène.

« Ce jet contient les signatures chimiques d’interactions entre l’océan et le coeur planétaire rocheux. Nous avons constaté que la source la plus plausible de cet hydrogène était des réactions hydrothermales avec des rochers contenant un taux de minerai réduit et des matériaux organiques. »
Sur Terre, des carburants géochimiques comme l’hydrogène alimentent des écosystèmes en santé, et ce malgré l’absence de lumière du jour. »
Encélade est la sixième plus importante lune de Saturne, et a été découverte en 1789 par l’astronome britannique William Herschel. La lune fait environ 500 kilomètres de diamètres et se trouve à quelque 900 millions de kilomètres de la Terre.
Les chercheurs suspectent depuis longtemps que l’eau liquide puisse exister sur cette lune, en raison des très grandes forces gravitationnelles agissant sur ce satellite de la géante gazeuse Saturne.
En 2005, l’agence spatiale américaine a lancé Cassini pour explorer Saturne et ses lunes, et, en 2015, a constaté qu’Encélade oscillait légèrement alors qu’elle orbitait autour de Saturne, ce qui pourrait être dû au fait que sa couche extérieure n’était pas solide, comparativement à son coeur. Un océan global doit donc se trouver sous la surface glacée, ont conclu les experts.
Depuis cette conclusion, les chercheurs ont étudié les données renvoyées par la sonde pour voir si les instruments embarqués à bord avaient détecté d’autres indices de présence de la vie.

Les nouveaux résultats sont la plus forte indication, jusqu’à maintenant, qu’Encélade possède toutes les conditions nécessaires à l’apparition de la vie. Si des formes de vie sont effectivement présentes, elles pourraient ressembler à des extrémophiles tubulaires qui ont vécu dans des courants hydrothermaux sur Terre depuis des milliards d’années.

Partagez

À propos du journaliste

Pieuvre.ca

Réagir