Accord de Paris: l’Europe largement à la traîne

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La Suède, l’Allemagne et la France sont les seuls pays européens dont les politiques environnementales respectent les promesses effectuées lors de la conférence climatique de Paris, selon une nouvelle étude.

Selon ce qu’écrit The Guardian, la Grande-Bretagne se classe en cinquième position du tableau évaluant les actions politiques posées par les États européens pour respecter l’engagement du Vieux Continent de réduire les émissions de carbone de 40% d’ici 2030.

La Pologne, la République tchèque, l’Espagne et l’Italie sont jugées comme nuisant à la cause continentale, en raison de leur appui en faveur de l’activité forestière et d’une manoeuvre comptable liée au carbone qui affaiblit les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Les politiciens européens se dépeignant comme des leaders climatiques devraient regarder la réalité en face et en finir avec les échappatoires au sein de la principale loi climatique européenne et faire pression en faveur de davantage d’ambition », affirme Femke de Jong, la directrice des politiques de l’Union européenne chez Carbon Market Watch, un groupe de pression qui a corédigé le sondage en matière de leadership climatique de l’UE.

Ce classement a été effectué en utilisant des déclarations ministérielles et des documents officiels déposés auprès de la Commission européenne, qui ont ensuite été contre-vérifiées auprès des représentants des divers pays.

L’analyse se concentre sur les interventions en coulisses des lobbys, dans les pays de l’UE, lors de négociations sur une « réglementation du partage des efforts » pour couvrir les 60 % des émissions européennes provenant du transport, des bâtiments, de l’agriculture et de la gestion des déchets.

Ces domaines ne sont pas couverts par le système d’échange des émissions, qui émet des permis de polluer pour l’industrie lourde.

Plusieurs pays ont tenté de se ménager de la marge de manoeuvre en faisant pression pour que les années de référence soient ultérieures à celles actuellement utilisées… et que les niveaux de pollutions admis soient ainsi plus élevés, ou pour que les crédits forestiers obtiennent davantage d’importance dans le calcul de la progression vers les objectifs climatiques européens.

« S’appuyer sur des crédits provenant de la plante d’arbres est troublante, puisque le retrait du carbone peut être annulé en tout temps lorsque des arbres sont coupés et brûlés », mentionne le rapport. « Les émissions provenant des combustibles fossiles, de l’autre côté, demeurent dans l’atmosphère pendant des siècles. »

Parmi les autres « échappatoires » notés dans l’étude, on comprend le versement de 100 millions de permis de polluer en surplus à neuf pays, pour un total de 2 milliards d’euros, afin de les aider à respecter leurs objectifs… sur papier, du moins.

Lorsque tous ces facteurs sont pris en compte, seuls les accomplissements de la Suède sont jugés comme étant compatibles avec les objectifs de Paris.

L’autre coauteur du sondage, Carlos Calvo-Ambel, un porte-parole en matière de transport et d’environnement, mentionne que « la grande majorité des pays veulent cribler la loi d’échappatoires pour qu’ils puissent continuer leurs activités comme à l’habitude. Soit l’Europe suit l’exemple de la Suède, de l’Allemagne et de la France, qui vont dans la bonne direction, bien qu’ils ne vont pas assez loin, ou nous devrions oublier l’idée de leadership climatique ».

L’un des problèmes des législateurs de l’UE est la nature profonde, coûteuse et rapide des changements nécessaires pour limiter le réchauffement global à 2 degrés Celsius, tel que convenu à Paris.

Les émissions de carbone devraient être réduites de moitié à chaque décennie d’ici 2050, avec une trajectoire similaire empruntée par les émissions provenant de l’utilisation des terres, selon un rapport publié plus tôt cette semaine.

 

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Pieuvre.ca

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