Pas d’entente sur un calendrier vers les voitures autonomes

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Les fabricants automobiles et les fournisseurs ont donné jeudi des estimations largement divergentes quant à la mise en vente officielle de voitures autonomes, jeudi, faisant ressortir les incertitudes entourant la technologie, en plus d’exposer un schisme entre les joueurs bien établis et les nouveaux venus audacieux.

Le fabricant de puces Nvidia, aux prises avec la concurrence directe du premier joueur du marché, Intel, après l’annonce par cette dernière de l’acquisition de la compagnie de conduite autonome Mobileye pour 15 milliards $ US, a présenté les prédictions les plus optimistes.

Pour le président Jen-Hsun Huang, les fabricants automobiles pourraient accélérer leurs plans à la lumière des percées technologiques et des voitures entièrement autonomes pourraient circuler sur les routes d’ici 2025.

« En raison de l’apprentissage profond, en raison de l’informatique s’appuyant sur l’intelligence artificielle, nous avons vraiment appuyé sur l’accélérateur lorsqu’il est question des voitures sans pilote », a-t-il dit lors d’une présentation à la conférence Bosch Connected World, tenue à Berlin.

Chez l’Allemand Bosch, justement, qui est le plus grand fournisseur de pièces automobiles de la planète, le calendrier s’étirerait pourtant pendant un maximum de six années supplémentaires après cette date avant d’en arriver à l’étape ultime précédant les véhicules pleinement autonomes. La compagnie a même refusé d’avancer une date pour la mise en marché des premières voitures sans pilote.

Le progrès en la matière, écrit Reuters, est grevé par diverses questions, y compris la notion de responsabilité lors d’un accident, la nécessité de faire baisser les coûts des détecteurs et senseurs, et la protection contre le piratage.

« Bien entendu, nous devons encore prouver qu’une voiture autonome se conduit mieux et subit moins d’accidents qu’un pilote humain », a mentionné le PDG de Bosch, Volkmar Denner, au cours d’une conférence de presse.

De son côté, Nvidia a profité de son expertise en capacités graphiques en informatique pour répondre aux importants besoins de l’industrie en matière de simulation et de visualisation. L’entreprise travaille aussi sur l’intelligence artificielle – le fait d’apprendre aux ordinateurs à créer leur propre code logiciel – depuis une décennie. « Aucun humain ne pourrait écrire suffisamment de code pour englober la diversité et la complexité de la conduite, un acte que nous effectuons pourtant si facilement », a souligné M. Huang.

En compagnie des dirigeants de chez Bosch, M. Huang a présenté un prototype d’IA embarquée qui devrait entrer en production d’ici le début des années 2020. L’ordinateur utilisera la capacité de calcul de Nvidia pour interpréter des données captées par des senseurs Bosch.

Autonomie

Sur le chemin vers des voitures pleinement autonomes, certains paliers d’autonomie ont été définis; la plupart des voitures circulant aujourd’hui sur nos routes atteignent ainsi le deuxième niveau, tandis que les véhicules de Tesla seraient prêts à passer du quatrième au cinquième palier – la pleine autonomie – dès que l’autorisation en ce sens sera donnée.

Le troisième niveau signifie que les conducteurs peuvent lâcher le volant dans des environnements connus, comme les autoroutes, mais qu’ils doivent être prêts à reprendre le contrôle, tandis que le quatrième niveau représente une voiture capable de circuler par elle-même dans la plupart des environnements.

L’analyste technologique Richard Windsor a écrit cette semaine dans une note d’information qu’il doutait de la capacité des fabricants automobiles de réussir à produire des voitures autonomes d’ici 2020, principalement parce que la question de la responsabilité n’était toujours pas tirée au clair. « C’est une bonne nouvelle pour l’industrie automobile, qui est particulièrement lente à s’adapter et à mettre en place de nouvelles technologies, puisqu’elle disposera de plus de temps pour défendre ses positions contre les nouveaux arrivants », dit-il.

Du côté de Nvidia, on affirme néanmoins que des puces permettant la conduite autonome de niveau trois devraient être disponible avant la fin de 2017, et qu’elles seront installées dans des voitures destinées au public d’ici la fin de 2018, tandis que les puces de niveau quatre suivront le même parcours un an plus tard.

Cette stratégie aurait au moins un an d’avance sur les plans les plus optimistes de la plupart des fabricants automobiles.

Le chef de la division de conduite autonome chez BMW a déclaré,  lors de la conférence, qu’un véhicule de niveau trois était envisageable pour 2021, mais que cette même année pourrait aussi voir la mise en marché de voitures de niveaux quatre et cinq.

Chez les nouveaux joueurs, Uber, Baidu et Waymo, une filiale de Google, procèdent à des tests de taxis autonomes, tandis que les fabricants Volvo, Audi et Ford s’attendent à lancer des voitures de niveau quatre sur les routes avant 2020 ou 2021.

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