Aucune preuve de la mise sous écoute de la Trump Tower

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Il n’y a aucune preuve que la Trump Tower eut été « l’objet d’une surveillance » par le gouvernement américain avant ou après l’élection présidentielle américaine de 2016, ont fait savoir jeudi deux des principaux membres du comité sénatorial sur le renseignement, contredisant ainsi directement les affirmations du président Donald Trump.

« En fonction des informations dont nous disposons, nous n’avons pas d’indications voulant que la Trump Tower eut été l’objet d’une surveillance que la part d’un quelconque élément du gouvernement américain avant ou après le jour du vote, en 2016 », ont ainsi déclaré les sénateurs Richard Burr et Mark Warner, respectivement un républicain et un démocrate, dans le cadre d’une déclaration conjointe longue d’une seule phrase, jeudi après-midi, selon des propos rapportés par l’Associated Press.

Il n’était pas immédiatement possible de connaître ce qui avait suscité la déclaration en question.

Le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer a indiqué que le président maintenait ses allégations. Il a laissé entendre que les déclarations des sénateurs avaient été effectuées sans avoir procédé à un examen complet des informations disponibles, ou sans avoir reçu un briefing de la part du département de la Justice.

« Il ne s’agit pas de conclusions », a soutenu M. Spicer.

MM. Burr et Warner font partie d’un groupe de huit responsables du Congrès ayant reçu vendredi des informations de la part du directeur du FBI James Comey. Un assistant, qui a réclamé l’anonymat, a précisé que les deux sénateurs n’auraient pas présenté leur déclaration sans avoir été entièrement informés à propos de ce dossier. Sean Spicer est dans l’erreur, clame cet assistant.

Les sénateurs se sont joint à un groupe bipartisan de législateurs qui ont contesté publiquement les accusations présidentielles, qui ont été présentées dans une série de tweets, il y a plus de deux semaines. Le chef de l’État avait accusé le président Barack Obama d’avoir placé sous écoute les téléphone dans son gratte-ciel new-yorkais, et avait comparé l’incident au scandale du Watergate.

Dans une entrevue accordée mercredi à Fox News, M. Trump a dit avoir été mis au courant de la possible mise sous écoute par des médias internationaux faisant référence à des communications interceptées, et ce malgré le fait que le président et ses conseillers aient publiquement dénoncé des reportages à propos d’agences gouvernementales qui procéderaient à un examen des contacts entre des associés du président et la Russie.

M. Trump a affirmé qu’il y aurait « des informations très intéressantes qui seront dévoilées dans les deux prochaines semaines ». Plus tôt jeudi, le président de la Chambre, Paul Ryan, a lui aussi contesté les accusations. « Nous avons fait la lumière sur cette question », a-t-il dit, avant d’ajouter qu’il avait assisté à une séance d’information et n’avait vu aucune preuve des allégations de mise sous écoute.

Mercredi, le secrétaire à la Justice Jeff Sessions a affirmé qu’il n’avait offert au président aucune raison de croire que celui-ci avait été surveillé par le président Obama. Le représentant républicain Devin Nunes, président du comité de la Chambre sur le renseignement, a lui aussi mentionné n’avoir reçu aucune information soutenant la thèse présidentielle. Il est même allé plus loin en laissant entendre que l’allégation du président américain ne devait pas être prise au sérieux.

« Allez-vous prendre les tweets au pied de la lettre? », a-t-il dit. « Si c’est le cas, alors le président était clairement dans l’erreur. »

En réponse aux allégations présidentielles et à une demande du comité de la Chambre sur le renseignement, le département de la Justice effectue sa propre enquête pour déterminer si M. Trump ou l’un de ses associés ont fait l’objet d’une surveillance.

MM. Burr et Warner dirigent l’une des trois enquêtes du Congrès sur les interférences de la Russie dans l’élection de 2016, y compris lorsque vient le temps de savoir si des associés de M. Trump étaient en contact avec le Kremlin.

M. Comey doit témoigner lundi prochain devant le comité de la Chambre sur le renseignement.

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