La presse, encore l’ennemi à abattre pour Trump

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Après la suspension de son décret sur l’immigration, le renouvellement de son secrétaire au Travail et la démission de son conseiller à la sécurité nationale, Donald Trump a consacré jeudi l’essentiel de sa conférence de presse à une violente critique des médias.

Le président américain a dénoncé la couverture « malhonnête » de son premier mois à la Maison-Blanche, accusé les journalistes d’ignorer les sondages le créditant de 55% d’opinions favorables (46% selon la dernière enquête Reuters/Ipsos) et récusé les questions sur les liens entre la Russie et ses équipes.

Interrogé sur les présumés contacts répétés entre des membres de son équipe de campagne et les services de renseignement russes, rapportés mardi par le New York Times après la démission de Michael Flynn, il a dénoncé des fuites « illégales » d’information et démenti tout contact. « La presse est incontrôlable », a-t-il déclaré. « Le niveau de malhonnêteté est incontrôlable. »

Dans une conférence de près d’une heure vingt, Donald Trump a évoqué « la pagaille » héritée de l’administration Obama avant de louer son « administration bien ajustée ».

Au regard des précédentes administrations, le mandat de Trump a pourtant connu un premier mois particulièrement difficile, marqué par plusieurs controverses, des invectives avec les médias et une bataille juridique perdue sur un décret limitant l’immigration, dont le président a annoncé jeudi le remaniement prochain.

« J’allume la télé et j’ouvre les journaux et je vois des histoires de chaos, chaos. Et pourtant, c’est exactement l’inverse », a déclaré le président américain.

Échanges tendus

« Demains, ils vont dire: ‘Donald Trump divague et vocifère contre la presse' », a-t-il dit à l’intention des « personnes malhonnêtes » présentes dans la salle.

À un journaliste qui s’apprêtait à poser une question, il lui a demandé s’il était un « reporter amical ». Il a ensuite rejeté sa question sur les menaces antisémites aux États-Unis comme « insultante », se décrivant comme « la personne la moins antisémite » qu’il ait jamais vu, et lui a demandé de se taire.

À un autre moment, le président a été mis en difficulté par un journalistes de la chaîne NBC, qui a signalé une erreur dans la marge d’élection présentée jeudi par Trump, qui évoquait la « plus grande » victoire électorale depuis Ronald Reagan, avec 306 grands électeurs. Le décompte final a attribué 304 grands électeurs au candidat républicain, moins que le démocrate Barack Obama en 2008 et 2012 (365 puis 332) et moins que le républicain George H.W. Bush en 1988, avec 426 votes.

« Pourquoi est-ce que les Américains devraient vous faire confiance quand vous accusez les informations qu’ils reçoivent d’être fausses alors que vous fournissez vous-même des informations inexactes? » a dit Peter Alexander de NBC News.

Le président a attribué l’erreur à ses équipes, avant de prendre une autre question.

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