Révolution pour aller au petit coin dans l’espace

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Les astronautes portent des couches pour adultes dans leur scaphandre au cas où ils devraient uriner ou déféquer pendant leurs sorties dans l’espace, mais que se passe-t-il s’il survient une urgence et qu’ils doivent passer plusieurs journées dans leur combinaison? 

Voilà la question qu’a posé la NASA aux membres du public dans le cadre de son Space Poop Challenge, et les gagnants de ce concours viennent tout juste d’être annoncés, rapporte The Guardian.

L’agence spatiale américaine a ainsi invité le public à soumettre des plans pour un système pouvant recueilli les déchets humains – selles, urine et fluide menstruel – pour un maximum de six jours, les éloignant du corps sans nécessiter l’utilisation de ses mains. De façon encore plus importante, le système devait être en mesure de fonctionner en microgravité, où les solides, les fluides et les gaz vont habituellement se mettre à flotter.

« Le vol dans l’espace n’est pas toujours séduisant », a déclaré l’astronaute de la NASA Rock Mastracchio dans une vidéo annonçant le concours. « Les gens doivent aller aux toilettes même lorsqu’ils se trouvent dans un vaisseau spatial. Comment ces déchets sont-ils traités pour s’assurer qu’ils ne nuisent pas à l’astronaute, ou même qu’ils le tuent? Avec le temps, les infections, et même la septicémie peuvent se mettre de la partie. »

La proposition gagnante, qui s’est méritée 15 000 des 30 000 $ US de la cagnotte, a été présentée par un officier de l’armée de l’air, Thatcher Cardon, qui est également médecin de bord et docteur en médecine familiale.

Ce dernier s’est inspiré de son expérience en laparoscopie (chirurgie effectuée à partir d’une petite incision) pour concevoir une petite ouverture dans la région de l’aine des scaphandres, avec une série d’objets comme des bassins et des couches qui pourraient être insérés à travers ladite ouverture et agrandis.

« Après tout, ils peuvent même remplacer des valves cardiaques à travers des cathéters dans une artère. Alors il devrait être possible de gérer un peu d’excréments! », a-t-il déclaré sur les ondes de NPR.

Un tel système de gestion des déchets est une précaution nécessaire, alors que la NASA commence à envoyer des gens au-delà de l’orbite terrestre basse où se trouve la Station spatiale internationale – par exemple vers la Lune ou Mars.

« Nous devons penser à des méthodes de garder les astronautes en vie et en santé pendant plusieurs jours après un accident grave, comme la perte de pression dans un véhicule », a indiqué M. Mastracchio.

Dans un tel cas, explique-t-il, « l’équipage doit rapidement enfiler leur combinaison pour se protéger contre le vide spatial ».

La NASA intégrera ensuite des éléments de l’idée gagnante et des concepts ayant mérité la deuxième et la troisième places dans des prototypes qui pourraient éventuellement être testés à bord de la Station spatiale internationale.

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