France: Jean-Luc Mélanchon appel au « dialogue » de la gauche

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Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle, a profité mercredi d’un meeting à Strasbourg pour fixer rendez-vous en fin de semaine prochaine à ses concurrents de gauche, le socialiste Benoît Hamon et Yannick Jadot pour Europe Écologie-Les Verts, en vue de se « parler ».

Le député européen, qui avait auparavant dit le peu de crédit qu’il accordait au candidat socialiste, a cependant laissé peu de place à la perspective, pour le premier tour, d’une candidature unique si ce n’est la sienne. « Qu’est-ce que je vais faire avec M. Jadot, avec M. Hamon? », a-t-il ironisé en évoquant les interrogations de la presse devant la multiplication des candidatures à gauche qui devrait, selon les sondages, être de ce fait absente du second tour.

Soulignant que Benoît Hamon ne l’avait lui-même pas appelé, il a invoqué les cinq heures d’émission en direct sur sa chaîne YouTube au cours desquelles il présentera son programme dimanche, puis l’Émission politique de France 2, jeudi 23, dont il sera l’invité, pour différer le contact.

« Je propose un rendez-vous la semaine prochaine, soit vendredi, soit samedi, soit dimanche. C’est moi qui fixe la date », a-t-il lancé devant 3500 de ses partisans, dont un millier le suivaient dehors, sur un écran géant. Justifiant la proposition de ce rendez-vous pas son seul sens des « responsabilités », l’ancien socialiste s’est dit prêt à faire « confiance ».

« Mais on ne me refera pas une deuxième fois le coup du discours du Bourget », a-t-il précisé en référence au discours programmatique de François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, à ses déclarations sur « la finance, mon ennemie » et à ses promesses non tenues de renégocier le traité budgétaire européen ou d’arrêter la centrale nucléaire de Fessenheim. « Ce que je demande, c’est une garantie de bonne foi », a-t-il dit avant de récuser la perspective d’une candidature unique. « Quand bien même en faudrait-il une, je propose la mienne », a-t-il consenti, y voyant la seule garantie de respect d’un possible accord.

Le candidat du « protectionnisme solidaire » s’était auparavant longuement exprimé sur le CETA, accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada qui conduira, selon lui, à une catastrophe sociale et écologique, pour mettre en doute, in fine, la position hostile du député Hamon sur le sujet.

Il a rappelé que le groupe socialiste à l’Assemblée nationale s’était abstenu lors du vote d’une proposition communiste visant à organiser un référendum sur le CETA et que « cette ignominie » avait été adoptée, à Strasbourg, grâce à la « coalition de la droite et des sociaux-démocrates », même si les socialistes français, a-t-il reconnu, ont voté contre. « Comment dois-je m’y prendre si, face à chaque situation particulière, je m’aperçois qu’entre les paroles et les actes il y a un tel gouffre ? », s’est-il interrogé.

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