L’humanité change le climat 170 fois plus vite que la normale

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Pour la première fois, des chercheurs ont développé une équation mathématique pour décrire l’impact de l’activité humaine sur la planète, concluant que la population entraînait des changements climatiques à une vitesse 170 fois plus importante que la normale.

Selon ce qu’écrit The Guardian, l’équation a été développée avec l’aide du professeur Will Steffen, expert en science du climat et chercheur à l’Australian National University. Les travaux ont été publiés dans The Anthropocene Review.

Les auteurs de l’étude écrivent que pendant les 4,5 milliards d’années précédentes, des facteurs astronomiques et géophysiques ont représenté les principales influences sur notre système planétaire. Celui-ci est défini par les chercheurs comme regroupant la biosphère, y compris les interactions et les rétroactions avec l’atmosphère; l’hydrosphère; la cryosphère et la haute lithosphère.

Mais au cours des 60 dernières années, les forces humaines « ont alimenté une vitesse de changement exceptionnellement élevée au sein du système terrestre », écrivent les auteurs, donnant naissance à une période appelée anthropocène. « Les activités humaines sont désormais aussi importante que les forces naturelles lorsque vient le temps de transformer le système terrestre », peut-on lire dans l’étude.

M. Steffen et son collègue, Owen Gaffney, du Stockholm Resilience Centre, ont développé une « équation de l’anthropocène » pour déterminer l’impact, sur la Terre, de cette période d’intense activité humaine.

En expliquant l’équation en question au magazine New Scientist, M. Gaffney a précisé que les deux hommes l’avaient développée « en se concentrant sur la vitesse de changement des systèmes assurant la survie de la Terre: l’atmosphère, les océans, les forêts et les milieux humides, les cours d’eau et les couches de glace, et la diversité fabuleuse de la vie ».

« Pendant quatre milliards d’années, le taux de changement du système terrestre dépendait d’une fonction complexe regroupant les forces astronomiques et géophysiques, ainsi que des dynamiques internes: l’orbite de la Terre autour du Soleil, les interactions gravitationnelles avec d’autres planètes, le dégagement de chaleur par le Soleil, les continents qui se télescopent, les volcans et l’évolution, entre autres », écrit le chercheur.

« Dans l’équation, les forces astronomiques et géophysiques tendent vers zéro en raison de leur nature lente ou de leur rareté, comme cela est le cas, pour l’instant, pour les dynamiques internes. Toutes ces forces continuent d’exercer de la pression, mais, en ce moment, cela est bien moins important que l’impact humain. »

Selon M. Steffen, ces forces ont entraîné un réchauffement de 0,01 degré Celsius par siècle.

Les gaz à effet de serre dégagés par les humains au cours des 45 dernières années, se leur côté, « ont fait augmenter la température de 1,7 degré Celsius par siècle, ce qui est largement plus important que le taux naturel », dit-il.

Cela représente donc un taux de changement climatique 170 fois plus rapide que l’impact des forces naturelles.

« Les travaux démontrent aussi que si les autres forces se font ressentir sur des millions d’années, l’humanité a plutôt un impact aussi puissant qu’un impact de météorite, si l’on peut dire. »

Pour les chercheurs, si la Terre a réussi à atteindre une stabilité relative au cours des derniers millions d’années, les sociétés humaines ont bien moins de chance de parvenir au même résultat. L’incapacité de réduire les changements climatiques provoqués par l’anthropocène pourraient « déclencher un effondrement sociétal », lit-on dans la conclusion de leurs travaux ».

 

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