Clinton et Trump parlent de science

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Agence Science-Presse

Si l’équipe de Donald Trump espérait lui faire gagner des votes en répondant au questionnaire sur la science, elle n’y a pas mis beaucoup d’efforts. Les réponses soumises par le candidat républicain se distinguent d’abord de celles d’Hillary Clinton par… leur brièveté.

Mais en plus d’être courtes, certaines des réponses sont étonnamment superficielles. À la crise des médicaments opioïdes, par exemple — gros problème de toxicomanie du moment — le républicain répond qu’il y mettra fin en stoppant « l’influx d’opioïdes aux États-Unis ». Une réponse qui ne lui vaudra pas une bonne note du psychiatre Theodore Cicero, interrogé par le magazine Undark: « il nous faut réduire la demande, pas seulement l’offre ».

C’est la troisième fois en autant d’élections que la coalition Science Debate expédie un questionnaire aux principaux candidats à la présidence et comme chaque fois, l’opération est le résultat d’un gros travail collaboratif: au printemps dernier, un appel à suggérer des questions a été lancé aux membres de plus de 50 associations de scientifiques et d’ingénieurs, suggestions parmi lesquelles ces associations ont sélectionné 20 questions allant de l’alimentation au sort des océans en passant par l’innovation technologique. Le questionnaire a été envoyé à la mi-août aux quatre principaux candidats: outre Clinton et Trump, Jill Stein, du Parti vert, a répondu. En publiant hier ces réponses, le Scientific American a donné quelques jours à ses lecteurs pour l’aider à leur attribuer une note:

« Nous prendrons toutes vos réactions en compte, en plus de notre propre reportage, pour poser un verdict. Notre intention est d’attribuer une note, sur la base des trois critères suivants : est-ce que ça répond à la question? La réponse est-elle bien informée en regard du consensus scientifique sur le problème? Est-ce que la réponse offre un calendrier réaliste? »

Sans surprise, les deux candidats semblent aux antipodes au sujet des changements climatiques. Sans aller jusqu’à répéter qu’il s’agit d’un canular, Trump a jonglé avec les généralités… et les guillemets.

« Il y a encore beaucoup de choses à examiner dans le domaine des “changements climatiques”. »

En mars dernier, le site Media Matters avait observé que sur les 1477 questions posées pendant 20 débats entre les candidats aux primaires des deux partis, seulement 22 portaient sur le climat, soit 1,5 %. Et encore, près de la moitié avaient été posées en Floride, devant l’insistance des maires locaux, inquiets de la hausse du niveau des eaux.

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