Un automne chorégraphique polysensoriel chez Danse-Cité et Tangente

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Émilie Plante

Un double lancement multisensoriel : c’est ce que Tangente et Danse-Cité ont orchestré ce lundi pour inaugurer leur nouvelle saison. Le lancement aux couleurs des pièces que les deux compagnies présenteront cet automne avait lieu à la Société des arts technologique avec laquelle elles se sont associées pour une de leurs œuvres conjointes.

Sous le thème « Le parcours sensoriel/ The sensory journey », les deux organismes ont proposé aux invités présents lors du lancement plusieurs activités pour éveiller leurs sens: dégustations au bar-jardin olfactif Romeo’s gin et de bouchées Pagaille Café, Pain d’Épi ou Les Gamins Gourmands, un extrait du spectacle planant Aqua Khoria, présenté dans la Satosphère de la Société des arts technologiques et un atelier à textures à manier.

Une formule plutôt accrocheuse qui a attiré une foule d’invités… mais le duo a sans doute été victime de son succès, tentant de contenir le flot de gens dans un espace limité.

Du côté de Danse-Cité

En ce qui a trait à la programmation, Danse-Cité, l’audacieuse compagnie fondée par Daniel Soulières il y a 35 ans, propose dans un premier temps une production inusitée signée par Aurélie Pedron et intitulée La Loba (la louve). Prenant place au 3700, rue Berri, un lieu atypique pour un spectacle de danse, douze artistes offriront des microperformances en continu. Le spectateur sera invité à créer son propre parcours à l’intérieur de la tanière de la louve…

La fort surprenante pièce Aqua Khoria, dont un extrait de quinze minutes a été présenté durant la soirée inaugurale, œuvre de Peter Trosztmer, est coprésentée par Danse-Cité, Tangente et la Société des arts technologiques. Debout dans un petit bassin, connecté à des capteurs, le danseur ne fait qu’un avec ce qui l’entoure dans le dôme de la Société des arts technologiques. Une expérience immersive et poétique entre la danse, la musique et les nouvelles technologies qu’on pourra voir en octobre.

Danse-Cité nous revient ensuite en février 2017 avec Elle-moi, d’un bout du monde à l’autre, une réalisation de Katia Gagné qui s’est entourée d’interprètes féminines. L’œuvre, qui sera présentée à La Chapelle, est une chorégraphie doublée d’une présentation vidéo. On nous promet des images fortes, parlantes.

Finalement, à la fin avril 2017 sera présentée Tierra, créée de concert par la Canadienne Ginette Laurin et le Belge Jens Van Daele à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Dans ce spectacle qui a été imaginé autour du concept de l’homme et son habitat, les danseurs se sont alliés à des percussionnistes afin de concéder une touche énergique à la chorégraphie.

Du nouveau chez Tangente

Chez Tangente, on soulignait lors de cette soirée un vent de nouveauté pour la compagnie : nomade jusqu’à ce jour, Tangente élira domicile dans l’Espace danse de l’édifice Wilder au début de 2017. Ce lieu sera à la fois un espace de création, de diffusion et d’expérimentation et abritera d’autres grands noms de la danse (l’Agora de la danse, les Grands Ballets, l’École de danse contemporaine de Montréal).

Entre-temps, la compagnie a mis au point un programme haut en couleur pour l’automne. Du 29 septembre au 2 octobre sera présenté Danses Buissonnières Classes 2016 qui est l’occasion de découvrir des créateurs québécois de la relève. De concert avec la compagnie José Navas/Compagnie Flak, les créateurs et compagnies sélectionnés vont bénéficier d’une résidence de création cet automne. Une belle façon de commencer la saison!

Corps avides, un trio de pièces originales, se produira au Monument-National en novembre. Shudder, des Belges Louise Michel Jackson, Ben Fury et Rodolphe Coster, est décrite comme une « discothèque chorégraphique minimaliste ». Quant à Faille, de Jessica Serli, cette oeuvre donne à voir deux interprètes et leurs interrogations face au corps, au « moi » et aux flux nerveux. Finalement, Untamed, de la Compagnie Entitey/Jason Martin rappellera les concerts rock grâce à deux danseurs, un guitariste et une énergie chorégraphique brute.

Plus tard durant le mois, Tangente propose à nouveau la formule de la triade dans Au-delà du regard, qui vise à encourager l’engagement du spectateur par le biais de différents dispositifs. Au programme: The only reason I exist is you also : why dogs are successful on stage? de Maria Kefirova, Pavlov morceaux de Natacha Filiatrault et Radio Danses de Gaétan Leboeuf.

Finalement, en décembre, Tangente fera place à un peu de danse urbaine avec Forces vitales, spectacle qui regroupe deux œuvres captivantes. Dans la très physique When The Clock Strikes Me + One Day Sooner interprété par Greg « Krypto » Selinger , l’artiste amalgame prose et mouvements du corps. Et dans Injoy + The Change de Daniel Wook Jun, on devra s’attendre à une expérience spirituelle et hautement ensorcelante.

Soulignons également le nouveau projet lancé par Tangente, qui vise à soutenir les créateurs en danse contemporaine par le biais d’une campagne de sociofinancement, profitant d’un partenariat avec la Caisse Desjardins de la Culture et KissKissBankBank.

La saison d’automne des deux institutions s’amorcera donc avec des spectacles et des thèmes riches, éclectiques et promettant à tous nos sens d’être titillés.

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Informations supplémentaires :

Danse-Cité

Tangente

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À propos du journaliste

Émilie Plante