Scandale des émissions: modèles retirés et poursuites pour Volkswagen

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La Corée du Sud a suspendu mardi la vente de la plupart des modèles du groupe automobile allemand Volkswagen qui tente de redorer son image sur le marché mondial après le scandale des moteurs truqués pour minimiser les mesures d’émissions polluantes.

Les autorités sud-coréennes ont révoqué l’homologation de 80 modèles de Volkswagen et de deux filiales du groupe, Audi et Bentley.

Le ministère sud-coréen de l’Environnement a en outre condamné le groupe de Wolsfburg à payer une amende de 17,8 milliards de wons (14,4 millions d’euros) pour falsification présumée de tests d’émissions polluantes et de niveaux sonores.

Cette décision risque de porter un coût sérieux aux ventes du premier constructeur automobile européen sur le marché asiatique qui avait vu sa filiale locale plus que tripler son chiffre d’affaires à 2820 milliards de wons (2,2 milliards d’euros) au cours des cinq années précédant le scandale des émissions polluantes.

Au total, ce sont 209 000 véhicules Volkswagen qui ont perdu leur homologation en Corée du Sud depuis le mois de novembre, soit 68% des véhicules que le constructeur a vendus dans le pays depuis 2007, précise le ministère sud-coréen de l’Environnement.

Si la Corée du Sud représente un marché relativement restreint pour Volkswagen, il en va autrement pour les marques de luxe que sont Audi et Bentley dont certains modèles pourraient être absents de la vente pendant plus d’un trimestre. « L’homologation d’un véhicule prend en général trois mois mais cela pourrait prendre plus de temps pour Volkswagen car nous allons procéder de manière approfondie », a dit Hong Dong-Gon, un responsable du ministère de l’Environnement.

Tout retard dans le rappel de véhicules concernés par les manipulations des émissions polluantes pourrait être assorti de l’obligation de fournir un véhicule de remplacement, a ajouté ce responsable.

Dans une lettre à ses clients mise en ligne sur son site sud-coréen, Volkswagen qualifie la sanction de « particulièrement sévère » et dit envisager un recours en justice pour solliciter une « suspension à exécution » de la décision.

Le constructeur allemand pourrait également engager des poursuites contre le gouvernement sud-coréen « si cela aide à rétablir la réputation commerciale de l’entreprise et que cela bénéficie à aux consommateurs, distributeurs et autres partenaires ».

La justice sud-coréenne avait émis le mois dernier un mandat d’arrêt contre un dirigeant du groupe. Volkswagen avait suspendu depuis le 25 juillet la vente de la plupart de ses modèles en Corée du Sud, anticipant la décision du gouvernement.

Poursuites

Par ailleurs, le Land de Bavière, en Allemagne, a annoncé mardi qu’il allait engager une action en justice contre Volkswagen dans le cadre du scandale de tricherie du constructeur lors de tests des émissions polluantes de ses véhicules.

La Bavière agira au nom de son fonds de pension pour les fonctionnaires qui a perdu 700 000 euros après la chute de l’action VW dans le sillage de l’annonce par le groupe, le 18 septembre dernier, de fraude lors de tests d’émissions aux États-Unis, a déclaré un porte-parole du ministère bavarois des Finances.

La Bavière serait le premier des 16 Länder allemands à poursuivre Volkswagen en justice dans le cadre de cette affaire. VW a annoncé parallèlement mardi avoir déposé un recours visant à annuler une action de groupe intentée aux États-Unis.

Le constructeur a fait état la semaine dernière d’un bénéfice semestriel en baisse pour sa marque éponyme, en raison notamment des répercussions du scandale, qui lui a valu de nombreuses actions en justice.

Enfin, l’entreprise a indiqué mardi avoir déposé un recours visant à annuler une action de groupe intentée aux États-Unis contre le constructeur dans le cadre du scandale de tricherie lors de tests des émissions polluantes de ses véhicules.

Volkswagen dit vouloir prouver que l’ancien président du directoire Martin Winterkorn et l’actuel patron de la marque VW, Herbert Diess, n’ont pas été directement impliqués dans la préparation de « déclarations supposées trompeuses ».

Le recours concerne une action déposée auprès d’un tribunal californien par le système de retraites des employés du réseau autoroutier de l’Etat de l’Arkansas.

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